A SON AMI
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ANCIEN SOUS^PRl^PBT.
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Ne nous étonnons point des mystères sublimes Où, pour le soutenir sous le poids de nos crimes, La faiblesse de F Ange assista le Dieu fort ; Où , se cherchant lui-même et se trouvant infâme % Le bien-aimé du ciel s'écria que son âme Était triste jusqu'à la mort.
Ne nous étonnons point si sa douleur profonde Augmentait en scrutant les annales du monde , Si, du fleuve du mal interrogeant le cours, n fut soudain couvert d'une sueur sanglante
^ « Le Seigneur a été fait péché pour nous. (Saint Paul, II, Corinth., V. 21.)
46 LE CHRIST A GETBSEMAIII
Et détourna les yeux d'une image accablante. ••• n avait aperçu nos jours.
Il avait aperçu le deuil de son église, La langue des enfers chez les hommes admise , Et la nuit descendue au nom de la clarté , L'assassinat ayant son hymne de victoire , Et la vertu sa honte , et le crime sa gloire Et quelquefois sa sainteté.
Il avait entendu ces sinistres paroles : a Christ! c'est vainement que pour nous tu fimmoie^ a A tes autels usés nul n'ose récourir ; «Nous avons abjuré tes longues impostures ; y Par toi l'esprit humain a reçu des blessures « Dont il veut enfin se guérir.
«Venez, peuples, au lieu dMmbéciles hommages, a De ce Dieu ridicule abattre les images !
a Le cœur du criminel en est parfois brisé :
a Nous ne voulons rien voir de ce qui nous condamne a Quand dans son char doré passe la courtisane , a Son œil en est scandahsé.
« Que la main de l'honneur s'y porte la première/ c Soldat , frappe le Dieu qui bénit ta bannière ! «Magistrats, bannissez le Dieu de l'équité !
€ Captif, brise celui qui, proscrivant ta chaîne ,
LE GHRI&T A GSTHSEKANI. «T
• cEn face des tyrans dont il brava la haine d Le premier a dit : Liberté M »
Elle Christ les a vus , dans leur sombre énergie , Bouleverser son temple et sa sainte efSgie , Et dans des lieux souillés de débauche et de vin Traîner en un banquet la croix, dont ils se jouent Gomme d'un convié que les autres bafouent Afin d'égayer le festin •.
Mais, voyant s'approcher l'heure du sacrifice , Le fils de l'homme a dit : a Je boirai le calice , < Et de ces attentats j'accepte encor le faix« «Je vais m'acheminer au sommet du Calvaire ^ « Et mon sang en tombant inscrira sur la terre (T Des pardons pour tous les forfaits. j>
Et nous, fils de son culte , imitons son exemple ! Sar le profanateur de la croix et du temple Gémissons : un remords peut le rendre au Seigaeu Sous notre af&iction que toute haine expire ! Cest le temps de pleurer et non pas de maudire : Le ciel même est dans la douleur !
1 « Où est Tesprit du Seigneur, là est aussi la liberté. » (Saint ^aul, épttre aux Corinthiens:) * A Reims, la croix fût traînée dans un cabaret
i M. SIGALON»
-* Juin ISS8. —
Qaand <m «fplTe à llnunjntallté, e est une f rande •▼•noe qoe d'être ehréUen.
(CBATBAOBUAin», wu iM Yoyaf M de M. Di Fomim au Lerant-)
Et tu vas te livrer à la vague marine
Fière encor du sillon qu'y laissa Lamartine,
De Tart religieux sublime pèlerin !
Tu vas voir cette Rome aux illustres poussières,
Qui rouvre dans la mort de divines paupières,
Et dont le cercueil même est encor souverain !
Si son aigle n'a plus là terrible prunelle Dont réclat foudroyant , Thomicide étincelle Aux peuples effrayés faisait baisser les yeux, A tous ceux dont le cœur est vide d'espérances Elle offre pour abri ses deux ailes immenses. Comme son Panthéon s'ouvrait à tous les dieux.