‹ PoésiesChapitre 35 sur 75 · NIMES. I · texte numérisé non relu

NIMES. I

Pour prodiguer Tencens en retroavant son dieu ;

Tous ces demi-soleils, enfants de ton système,

Pour te voir de plus près dans ta splendeur suprême,

Et les restes pompeux de Tantique cité

Pour s'offrir à tes yeux sous leur plus grand cdté.

^ous n'avons pas ici de hautes cathédrales, i de vieux monastère aux sombres corridors û Ton dit qu'à minuit se soulèvent les dalles Couvertes des blasons des morts ;

K découpés à jour, des clochers dont les pointes ^s les cieux envahis montent avec orgueil ; i chevaliers de pierre à genoux» les mains jointes» Au pied d' un gothique cercueil ;

Si madone des bois où jamais châtelaine Pour un époux absent vainement ne pria, Où le p&tre en passant ôte un bonnet de laine Et dit un Ave Maria ;

i\ château crénelé dont la verte muraille )e hérisse de tours et de mâchicoulis, }ue la vague des mers incessamment assaille De ses monotones roulis ;

ISO miifis.

Mais la Rome païenne ici vit tout entière; Ici son aigle au vol dispensateur des fers  laissé plus avant Fempreinte de sa serre Qu*en aucun lieu de T univers.

Tu verras des palais, des cirques et des temples. Jusque dans la poussière un noble souvenir, Et le passé partout étalant des exemples A terrifier l'avenir.

Là les fronts abaissés des portes triomphales Aux sommités du jour promettant même sort ; Ici des dieux mêlés aux urnes sépulcrales, Tristes alliés de la mort :

L*arène où s*égorgeaient le Gaulois et le Thrace, Contents d*étré applaudis avant que de mourir. Devant ce peuple-roi qui voulait qu'avec grâce On rendit le dernier soupir ;

Les gradins qu'inondait la robe orientale Des chevaliers couverts de suaves parfums, Et qui venaient, môles à la beauté vénale, Charmer leurs ennuis importuns ,

Brillants efféminés qu'on ne pouvait distraire. Tant l'abus du plaisir avait blasé leur cœur,

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m par r^motioa 4'im draffle sanguinaire Où la mort seule était acteur ;

It puis la basilique ^ la frise élégante, semblable au dieu brupi des feux de Tencensoir ; )es chapiteau?ç à jour dont les feuilles d'acanthe Semblent trembler au vent du soir ;

£t le temple croulant de la triple déesse Dans un bosquet riant étalant ses douleurs, l^tqui s'ofire couver^'une ombre encbanteres^, Gomme un front ridé sous des fleurs ;

Ruines où, le soir, vient rêver le poète, Mbris quv sert d'asile à de moindres débris ' , Comme un prince exilé donne encor la retraite A de misérables proscrits.

^iane, poursuivant son nocturne voyage , semble y chercher encor, d'un rayon désolé, ^ïir son autel fendu par le figuier sauvage Un encens qui s'est envolé.

t la tour qui s'élanœ aux célestes campagnes , OQt le hardi sommet est voisin des éclairs ,

* L^enceinte du temple de Diane est une espèce de musée où ^n a rassemblé des torses de statues, des tronçons d!^ colonnes, ^^ fragments de chapiteaiw, etc.

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