‹ PoésiesChapitre 34 sur 75 · APPARITION · texte numérisé non relu

APPARITION

Les lieux d*o& le trépas te fraya ton passage De mornes appareils sont encor tout remplis : Le miroir dont Téclat renvoyait ton image De ses longs voiles blancs n'a pas quitté les plis:

Ta lampe, sèche d'huile, y pend là sans lumière Et la couche est encor comme tu la laiâsa ; Sur le triste parquet repose la poussière Qu'y fit tomber, le jour où ton œil s'éclipsa.

Le rameau de laurier trempé dans l'eau bénite Que la famille en pleurs aspergea sur ton corps Lorsqu'on l'eut revêtu de l'habit carmélite Et qu'on eut récité les prières des morts.

Et quand je dors, pourtant, pendant la nuit Uvid) Une main, de mon lit agitant les ndeaux, Fait sur mon front brûlant passer un souffle hum Gomme celui qui sort des voûtes des tombeaux ;

Et j'aperçois errer dans mon alcôve obscure Un bras qui porte un cierge à la pflle lueur , Et je ne sais quel sombre et funèbre murmure Me couvre tout à coup d'une froide sueur.

Et je te vois pleurer, et ta tête s'indine Et laisse sur mon seiq abattre ses dieveux,

APPAimcm. ui

Stleurs tnstes flocons oppressent ma poitrine... 3h I quand tu viens ainsi, dis-moi ce que tu veux 1

Et ta verras soudain ta volonté suivie ; le neveux envers tei ress^tir nul remord.

Hélas ! je suis assez accablé de la vie Sans y venir mêler les peines de ta mort.

[)h! de ces visions, vérités ou mensonges , Daigne, daigne, mon Dieu, délivrer mon sommeil ! Fais passer radieux tes anges dans mes songes , Bt calme mon esprit sous leur groupe vermeil !

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Ainsi qu*une bergère au regard gracieux , I^ lune, surveillant de sa lueur candide Les scintillants troupeaux des campagnes des cieuii Tempérait leur éclat d'un voile lumineux Et rendait de la nuit le silence limpide.

Le rossignol, perdu dans le lointain du bois. Dans Tair par intervalle abandonnait sa voix, Dont les sons veloutés expiraient dans l'espace Comme sur un beau lac les cercles onduleux Lorsque Taile du cygne a troublé la surface De ses flots transparents , immobiles et bleus. La luciole au loin faisait briller ses feux ;

Et mille étoiles animées , Suspendant au gazon Féclat du diamant.

Gomme un ciel reflété dans des ondes calmées, Faisaient du champ nocturne un autre firmament. L'haleine du midi, dérobant au rivage

SOCVBIfIR D* UN SOIR. US

S parfums dont les fleurs à la nuit faisaient don , ine vague harmonie agitait le feuillage faisait tomber Tâme en un mol abandon, celle que j'aimais d'une amitié naïve, i m'aimait à son tour comme eût fait une sœur, Qguissante , pencha sa tête sur mon cœur, me serra la main d'une étreinte plus vive, amais, dit-elle, ami, la brise à mes cheveux

a N'a fait si suave caresse , li des sphères du ciel l'hymne silencieux

a Ne me versa pareille ivresse !

D'un délice inconnu tout mon être est saisi ,

<xEt, dans l'extase qui l'oppresse, a Mon âme est prête à demander merci ! »

le se tut ; son œil abaissa sa paupière ; ;, glissant à travers la touffe bocagère, .

ir sa bouche entr'ouverte et sur son front charmant L'astre des nuits fit tomber sa lumière; t, ressentant soudain même ravissement , Je la trouvais mille fois plus jolie, t je baisais sa main , tombais à ses genoux ; t de mes premiers jours la compagne chérie, es ce moment divin , ne fut plus mon amie,

Mais quelque chose de plus doux.

X depuis lors, j'ai vu mourir plus d'une fête, ioûté de plus d'un soir la suave splendeur ; laÂs, de tous ceux dont l'ombre a passé sur ma tête, llelui-là seulem'ent est resté dans mon cœur.

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A SB. D3 LAUUUBTXBX.

-Maniai.*

^ogte aa regard d'aigle, Herschell harmonieux Qui mets d'autres soleils aux poétiques oieux , Qui , ravisseur d'un rhythme enfermé dans la nue, '^siis vibrer sur la lyre une corde inconnue, ^Ues dans notre esprit cet hymne sans pareil Qu'on entendait en rêve et cherchait au réveil , Cet hymne qu'à travers la nuit et le mystère ^-es anges rarement confiaient à la terre, '^^st-ii vrai que ta lettre a daigné m'envoyer Que tu viendrais t'asseoir à mon humble foyer

lU RIMES.

Et yisiter nos champs, notre Tîlle embellie »

Ce fragment détadië des bords de lltalie.

Où le ciel » se peignant d'un éternel aznr.

Est presque monotone à force d'être pur ,

Où , tout intelligence, on ne yit que par r âme.

Où sous des cheveux noirsbrillent des yeux deflamme,

Où la misère sobre, et portant la fierté

Que donne à ses enfonts le Dieu de yérité.

Dédaignant le nectar qui pend à nos collines.

Convive de la foi, s'enivre de doctrines.

N'arme jamais son bras pour demander du pain ?

Ce n'est que de l'esprit qu'elle ressent la faim.

Peut-être on t'aura dit que» dans sa frénésie. L'émeute, ayant ches nous le droit de bourgeoisie. Hurle en nos boulevards, comme en un cirque ardeiE^ Un taureau furieux qu'a frappé le trident ; Mais, dans nos tristes jours, quel ciel est sans oragesf Quelle mer de ses flots n'ébranle ses rivages? Quel sd ne retentit des plaintes du tombeau ? Quel fleuve de remords n'entend gémir son eau? Ah I viens pour adoucir nos âmes indomptables Comme ces vents du nord qui soulèvent nos sables! Ta lyre, célébrant la concorde pour nous.

Grand homme, nous verrait tomber à tes genoux. Viens I ici tout t'attend pour t'ofirir une fête : Les lauriers de nos champs pour ombrager ta tête , La muse, qui jadis eut un temple en ce lieu ,

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