L'ESPRIT ET LES SEN». IM
Etque j*eii reviendrai pâle et défiguré Ainsi que le coursier de terreur effaré Qui, le crin hérissé, se retire en arrière Dans le fatal chemin qu'a battu la sorcière, Où rénorme serpent aux yerdâtres replis Pour surprendre sa proie attend sous le taillis , Fais passer devant moi quelque céleste flamme Qui des rêves mondains désenchante mon àme Et, par un saint dégoût des choses d'ici-bas, La fasse relever alors que je Tabats , Ainsi que Talouette, aux premiers feux de Taube, A sa couche terrestre en chantant se dérobe.
Mais peut-être, 6 mon Dieu I ton sévère secours Nous accorde des jours pour expier des jours, £t nous fait exister pour conquérir la vie Qui jamais aux douleurs ne doit être asservie. Mais daigne cependant n'infliger qu'aux plus forts Cette épreuve au-dessus de mes faibles efforts , De peur qu'en prolongeant ma lutte expiatoire, Je ne sente expirer l'espoir de la victoire , Semblable au matelot sur les gouffres mouvants. Qui laisse son navire aller à tous les vents , A l'esclave accablé d'une longue carrière Qui , sur le grand chemin dont il boit la poussière « Laisse là le fardeau dont il est harassé Et dort, indifférent, sur l'herbe d'un fossé. Qu'au retour au logis, que son repos diffère.
lOt li'ESl'BlT ET I£S SEIIS.
Un maître impatient Fimmole i sa colère.
Ah ! quand je flotterai de Tesprit à la chair.
Que le premier remporte et me doit le plus cher !
Car c*est bien vainement que Tbomme délibère
De fuir sans ton secours le mal qui nous obère. ^
Mon Dieu, que j*en triomphe en toute occasion.
Crainte que, me livrant à la dérision
Si ma leçon n'était de Texemple suivie,.
Le méchant ne se dise : a II vit de notre vie,
a Et dans tous ses discours il vient effrontément
a Nous vanter son amour pour la sagesse : il ment ! »
Et tu sais cependant si mQi:i 4me est çiûeère
A désirer ton règne au ciel et sur la terre ;
Si mon œil, ébloui d'iuo vaiitô clarté.
Renia des autels la sainte obscurité ;
Si le blasphème altier, m'imposant son délire.
Put jamais arracher un seul son de ma lyre ;
Si les profanaiteurs, dansleurs jours triomphants,
M*ont jamais fait rougir d'être un de tes enfants.
Tu sais quelle tristesse en secret me consume.
Tristesse dont toi seul peux savoir Tamertunie,
Chaque fois que le siècle a d'un ton solennel
Prophétisé la fin de ton règne étemel ,
Quand sa science impie, étendant son ravage.
De tes livres sacrés efface quelque page ;
Et quand dans mon esprit passe le doute impur
Comme un nuage noir sur un beau ciel d'azur »
Si je n'apporte pas dans son ombre grossière
L'XSPftIT ET LES SERS.
Dtt flambeau de la foi l'éclatante lumière ; Si je ne brise pas ma superbe raison Comme le vase impur qu'a souillé le poison.
rai tout lûis à tes pieds. Seigneur, et ta justice Domiera quelque chose à ce grand sacriflce.
msx^ÈDmùm
contre le bcu b'^lger.
— JiiilUU IS30. —
D'une forêt de pavillons D'où vient que la mer est voilée»
Et que sa plage est ébranlée Sous la marche des bataillons?
La France enfin va vider sa querelle I Le monde a les regards sur elle ;
Car, chaque fois que son glaive est tiré,
. Des lueurs dont il étincelle Tout l'univers est éclairé.
Elle a longtemps différé sa vengeance; Longtemps elle a oraint , vil brigand ,
L'EXPÉDITION CONTRE LE DBY D*ALGKR. 165
De déshonorer sa vaillance.
De se souiUer la main en relevant ton gant.
Vais tes iniquités ont comblé la mesure :
?lle doit s'abaisser à punir ton injure.
De la contrainte du repos
Délivrant leur àme guerrière «
A ses phalanges de héros
Son roi vient d'ouvrir la barrière !
Quand le lion de tes déserts Sur le sable brûlant sommeille, Si le serpent & son oreille l'importuns sifflements fait retentir les airs.
Retenant son noble courage , Le quadrupède, encor fout endormi , oulëve sa crinière et pousse un cri sauvage ,
Sûr qu'il n'en faut pas davantage Pour éloigner son indigne ennemi ;
ais si cet ennemi s'obstine, comme un foudre
Il part, la flamme dans les yeux ,
Et de ses ongles furieux déchire, il disperse et laisse sur la poudre 3S aaneaux palpitants du reptile odieux.
L'AlAffîlS à. son CKDIDrffîSIDElK.
L'or des princes Q*a pu suffira Pour t'arracher <l'a¥i|Hrès de moi »
Mais aussi qui pourrait se dire Plus ardent et plus beau que toi 7
Noir, et bien plus noir que Tëbène , Ton poil uni brille, pareil Aux claires eaux de la fontaine Que frappent les feux du soleil.
Lorsque, te livrant la carrière.
Je te presse de mes genoux , Mon œil charmé voit ta crinière Bondir comme un flot en courroux.
L'ARABK A SON COUBSlSa. ««P
L*aigle semble avoir de ses ailes Muni tes flancs impétueux , £t le serpent datts tes prunelles A mis la flamme de ses yeux.
Ton vol est celui de Forage ; Pour toi les airs ont une voix :
Ils bruïssent à ton passage Gomme les traits de mon carquois.
Sans toi nos tribus florissantes N'auraient pas un si beau destin :
Ton audace remplit leurs tentes Et de captifs et de butki.
Mais , calme à Fabri de ces rocA^es , Pourquoi ce pron^t frémissement?
Soupçonnerais-tu. les approches Du fils hardi de TOccident?
Tes naseaux hument Tair qui passe , Ton pied , rival des aquilons^ Demande à dévorer Tespace , Et ton regard me dit : a Allons l »
LA BABOUII m rtCHDR.
Assis dans son bateau vers la chute du jour, Un pécheur réparait son filet misérable.
Voilà que tout à coup un ouragan accourt :
Le vent en tourbillons a soulevé le sable , Et Tamarre se rompt , et les flots en fureur Lom de terre ont jeté k barqiie du pécheu;* J
Il chercha vainement et sa voile et sa rame : Elles étaient au bord, d'où ses fils et sa femme, Impuissants , lui tendaient les bras dans leur doule A travers le bruit sourd de Técumante lame Il entendait leurs cris ; ils déchiraient son âme, Mais toujours s'éloignait la barque du pécheur.
Bientôt rien ne frappa sa paupière éperdue Que de Tonde et du ciel TeiTrayante étendue.
^JK BARQUE DU PËCHEUB. ««0
OÙ la nuit fait encor desceadro son horreur.
Et le livide éclair a déchiré la nue^ Et d'instant en instant la tempête est accrue ; Et toujours s'éloignait la barque du pécheur.
De Taurore en pleurant il attend la lumière ; Mais nul rayon d'espoir ne vient luire à son cœur. U se met à genoux : a Délivrez-moi , Seigneur ! a J'ai déjeunes enfants, une femme, un vieux père: « Qui pourra, si je meurs, soulager leur misère?» lofais toujours s'éloignsiit la barque du pécheur.
^tnsi chaque matin , trompant ses espérances, ^^ mer ne lui montrait que des déserts immenses ; ^ciDs son vaste horizon nul point consolateur. Seulement, la mouette à la voix funéraire ^fileurait dans son vol la vague solitaire.
^t toujours s'éloignait la barque du pécheur.
Mais sa joue a brillé d'une larme joyeuse :
Il voit dans le lointain de l'onde vaporeuse ilne voile. . . Il bénit le ciel libérateur. . . Mais, pareil à l'éclair qui luit et qui s'efface, Le vaisseau désiré disparaît dans l'espace.
£t toujours s'éloignait la barque du pécheur.
£t le sud redoubla ses fougueuses haleines ; Et dans le fond glacé des régions lointaines
170 LA BARQUB DU PÈCBSOR.
OÙ six mois de Tliiver donrine la stapenr.
Où la vague durcie au rivage s'encftiatne, Où semblent vivre seuls Tours blanc et la bai Se perdit comme un trait fat barque lia péehe
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'^wfi-'^
oi qui devrais aimer par-dessus toutes choses ^s fêtes , les plaisirs , les papillons , les roses ,
Tu rêves un nom immortel I ^ ton songe jamais peut devenir réel , '^uvre fille , à quels maux il te faudra résoudre I ^r les flots de Foubli nul ne surgit en vain ;
Et les voluptés de la foudre
Sont de frapper un front divin.
^ue sur le tien plutôt vienne cette couronne
Qu*amour reçoit et qu'amour donne ;