‹ PoésiesChapitre 40 sur 75 · C L*£SPR1T ET LES SENS · texte numérisé non relu

C L*£SPR1T ET LES SENS

C'est le plaisir toujours compagnon du remord , C'est un homme vivant qu'on lie aveô un mort, Et qui doivent ainsi vivre et pourrir ensemble Jusques à ce qu'usant le nœud qui les rassemble Et retournant tous deux à leur propre élément , L'un rentre dans la vie et l'autre au monument. Et tu nous vois pourtant pleurer sur quelques heures Qu'il nous reste à passer en ces tristes demeures, tant notre esprit, esclave en son obscurité.

Ressemble au vieux captif qu'on met en liberté. A force d'habiter l'onde fétide et noire.

Des splendeurs du soleil il n'a plus la mémoire ; Sa prison exiguë est un monde à ses yeux , Dont il pouvait toucher l'horizon et les cieux ; 11 ne peut concevoir que des mains inhumaines Le fassent tant souffrir pour dériver ses chaînes ; 11 craint d'abandonner sa couche de sapin ; Il emporte avec lui le reste de son pain ; De stupides regrets humectent sa paupière, Jusques à ce qu'enfin, Tinondant de lumière.

Le ciel à son regard déroule son azur Et fasse en sa poitrine entrer un air plus pur. Alors il baise avec d'ineffables délices La main qui vient de mettre un terme à ses supplices ; Sa lèvre est tout éloge et son cœur tout amour Pour le mortel qui vient de l'enfanter au jour. Ah ! quand je sonderai , dans l'ombre et le silence, Des routes de la mort la prdbndeur immense,

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