V. Seigneur, écoutez ma prière I
i). Et que mes cris s'élèvent jusqu'à vous.
Alors le sacrificateur monte à Tautel, slnclinc, et baise avec respectla pierre qui, dans les anciens jours, cachait les os de . martyrs.
Souvenir des catacombes..
En ce moment le prêtre est saisi d*un feu divin : comme les prophètes dlsraël, il entonne le cantique efaanté par les anges sur le berceau du Sauveur, et dont Ézéchiel entendit une partie dans la nue.
« Gloire à Dieu dans les hauteurs do ciel, et paii aux hommes d« bonne volonté sur la terre! Nous vous louons, nous vous bénissons, nous vous adorons, Hoi du ciel, dans votre gloire immense ! etc. »
L*ép!tre succède au cantique. L*ami du Rédempteur du monde, Jean, fait entendre des paroles pleines de douceur, où
178 LE DEaMIER JOUR.
le sublime Paul, insultant à la mort, découvre les mystères de Dieu. Prêt à lire une leçon de TÉvangile, le prêtre s*arrétc. et supplie rÉternel de purifier ses lèvres avec le charbon de (ea dont il toucha les lèvres dlsale. Alors les parole» de léius- Christ retentissent dans rassemblée : c'est le Jugement snr la femme adullère; c*est le Samaritain versant du baume dans les plaies du voyageur; ce sont les petits enfants bénis dans leur innocence.
Que peuvent faire le prêtre et rassemblée, après avoir entendu de telles paroles? Déclarer sans doute qu'ils croient fermement à Texlstence d*un Dieu qui laissa de tels exemples è la terre. Le symbole de la foi est donc chanté en triomphe. La philosophie, qui se pique d'applaudir aux grandes choses, aorait dû remarquer que c'est la première fois que tout un peuple a professé publiquement le dogme de Tunité d'un Dieu: Credo in unum Deum,
Cependant le sacrificateur prépare l'hostie pour lui, pour le$ vivants, pour let morts» Il présente le calice : « Seignsur, 910US VOUS offrons la coupe de notre salut. » 11 bénit le pain et le vin. a Venez, Dieu éternel , bénissez ce sacrifice, » D lave ses mains.
« Je laverai mes mains entre les innocents Oh I ne m
faites point finir mes jours parmi ceux qui aiment le sang. »
Souvenir des persécutions.
Tout étant préparé, le célébrant se tourne vers le peuple, et dit:
€i Priez, mes frères, }ii
Le peuple répond :
H Que le Seigneur reçoive de vos mains ce facrifiçe. »
Le prêtre reste un moment en silence, puis tout à coup annonçant Téternité : Per omnia sœeula sœculorum, Il s*écrie :
« Élevez vos cœurs!»
Et mille voix répondent :
NOTES DU CHANT NEOVIÈME. i79
« ÊTabemus ad Dominum : Nous les élevons vers le Seigneur I n
La préface est chantée sur Fantique mélopée ou récitatif de la tragédie grecque; les Dominations , les Puissances, les Vertus, les Anges et les Séraphins sont invités h descendre avec la grande victime, et à répéter avec le cœur des fldéles, le triple Sanetus et YHosannàh étemel.
Enfin Ton touche au moment redoutable. Le canon, où la loi éternelle est gravée, vient de s'ouvrir : la consécration s'acl^évc par les paroles mêmes de Jésus-Christ. « Seigneur, dit le prêtre en.s*inclinant profondément, que Vhostiê sainte vous soit agréable comme les dons d'Ahel le juste , comme le sacrifice d'Abraham notre patriarche , comme celui de votre grandprêtre Melchisédech, JHous vous supplions d'ordonner que ces dons soient portés à votre autel sublime par les mains de votre ange, en présence de votre divine majesté,»
C*est alors que le sacrifice s'accomplit , et, comme le dit le poète , que le prêtre élève le calice* au-dessus de sa tête , demandant à Dieu que le sang de J^'.sus-Christ garde son ftme pour la vie éternelle.
NOTE III
Et lorsque ta foi sainte en tout lieu se délabre. D'avoir au milieu d'eux porté son candélabre.
(Page 175, rersig et 13.)
Dans le livre des révélations de saint Jean, Dieu adresse des reproches à sept évéques d'Asie, que le proph^o évangélistc désigne par le nom d'anges de leurs églises,
Ildit à l'ange de l'église d'Éphèse :
«Souviens-toi donc d'où tu es tombé, et fais pénitence» et re- « preBdi tes premières œuvres^r sinon Je viendrai bientôt à tôt, » et si tu ne tm pénitence, je transporterai ailleurs ton çandéla* » bre. »
{Apocalypse , chap. «, verset 5.^
iSÙ I^£ DERNIER JOUR.
« Lorsque la lumière de TÉvangile cesse qoelQae part, ette ne s'éteint pas pour cela; mais elle est transportée ailleurs, et pane sealement d'un peuple à un autre. » (Bossuet.)
Qui ne connaît les pages éloquentes Je dirais presque bibliqvei, qu'a inspirées à Fénclon la pensée effrayante de ce cercle de tocalions et de réprobations des peuples, dans lequel se;mble se mouvoir la vérité catholique, selon certaines lois mystérieuses de la grâce ?
'« Jetez, mes frères, s*écrie rarcheyéqoe de Cambrai, jetez des yeux baignés de larmes sur cesTastes régions d*'où la foi s*est levée sur nos têtes, comme le soleil. Que sont-elles devenues ces fameuses églises d*Alciandne, d'Antioche, de Jérusalem, de CoDstantinople, qui en avaient d'innombrables sous elles? C'est là que pendant tant de siècles les conciles assemblés ont élooffé les plus noires erreurs, et prononcé ces oracles qui vivront éternellement ; c'est là que régnait avec mn^jesté la sainte discipline, modèle après lequel nous soupirons en vain. Cette terre était arrosée du sang des martyrs; elle eibalaitle parfum des vierges; le désert même florissait par ses solitaires^ mais tout est ravagé sur ces montagnes découlantes de lait et de miel, où paissaient sans crainte les troupeaux d'Israél. Là maintenant sont les cavernes inaccesibles des serpents et des basilics.
» Que reste-t-il sur les côtes d'Afrique, où les assemblées d'évéques étaient aussi nombreuses que les conciles universels, et où la loi de Dieu attendait son explication de la bouche d'Augustin? Je ne vois plus qu'une terre encore fumante delà foudre que Dieu y a lancée.*
« Mais quelle terrible parole de retranchement Dieu n'a-t-il pas t%ii entendre sur la terre dans le siècle passé ! l'Angleterre, rompant le sacré lien de l'unité, qui peut seul retenir les esprits, s'est livrée à tontes las visions de son cœur. Une partie des Pays- Bas, l'Allemagne, le Danemarck, la Suède, sont autant de rameaux que le glaive vengeur a retranchés, et qui ne tiennent plus à l'ancienne tige.
«L*Église,il est vrai, répare ces pertes : de nouveaux enfants, qui Uii naissent au delà des mers, essuient ses lannes pour ceox 4iu'elle a perdus ; mais rËglisc a des promesses d'éternité, et non*,