‹ PoésiesChapitre 118 sur 225 · BESOIN D'AMOUR · texte numérisé non relu

BESOIN D'AMOUR

Qui m'entendra, hélas! a qui me plaindre? Ah! qui l'entendrait gémirait sur moi. Ah! la lèvre qui goûtait naguère et donnait si douce volupté est fendue et souffre horriblement ; et si elle est blessée ainsi ce n'est point que ma maîtresse, dans un élan furieux, m'ait doucement mordu, cherchant par la jouissance à s'assurer plus fortement de son ami ; non, ma pauvre lèvre est déchirée parce que dans la froidure et la gelée les vents ennemis, aigus et vifs, l'ont assaillie.

Et maintenant à mon foyer, le suc généreux de la grappe, mêlé au nectar des abeilles, s'efforce d'apaiser le mal. Hélas! de quel secours sera le remède si l'Amour n'y verse une goutte de son baume !

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