‹ PoésiesChapitre 122 sur 225 · APAISEMENT · texte numérisé non relu

APAISEMENT

La passion apporte la souffrance. Qui apaisera le cœur navré qui a tout perdu ? ou sont-elles les heures si rapidement envolées? Vainement tu avais choisi le beau ; ton esprit est troublé, ton action confuse. Le monde sublime, comme il échappe aux sens !

Alors s'élève une musique aux ailes d'ange, où les sons par myriades s'entrelacent aux sons pour pénétrer le cœur de l'homme et l'inonder du sentiment de l'éternelle beauté; l'œil se mouille, et dans une extase suprême il sent le prix divin des sons comme des larmes.

Et le cœur ainsi soulagé s'aperçoit qu'il vit encore et bat, et voudrait battre pour s'offrir, dans sa gratitude, luimême en échange de la somptueuse aumône; car il goùtail alors — oh! puisse-t-il éternellement durer — le double bonheur de la musique et de l'amour !

HARPES EOLTENNES.

DialoiniP.

LUI

Je pensais n'avoir point de douleur, et pourtant j'avais tant d'angoisses dans l'âme ! je me sentais le front serre et la cervelle vide. — Enfin larme sur larme coula, l'effusion contenue des adieux fut épanchée. — Son adieu fut le calme serein ; comme toi maintenant elle pleurera.

ELLE

Oui, il est parti; il faut qu'il en soit ainsi. Amis, laissez-moi seule, et si je vous semble changée, dites-vous;

Cela ne durera pas l'éternité! Maintenant je ne puis me passer de lui, et il faut que je pleure.

Sans être enclin a la tristesse, je ne puis éprouver nulle joie. Qu'ai-je à faire de ces fruits murs qu'on cueille après chaque arbre? Le jour me fatigue, l'ennui me prend lorsque la nuit s'allume. Ma seule jouissance est de faire incessamment revivre ta douce image, et si le même désir de bonheur t'animait, tu viendrais a moitié chemin au-devant de moi.

Tu te plains de ce que je ne t'apparais pas ; de ce que je te suis peut-être moins fidèle dans l'éloisniement , autrement, dit-tu, mon esprit serait la en image. Voit-on Tris parer l'azur du ciel? Fais qu'il pleuve, aussitôt elle va se montrer. Tu pleures!... me voici soudain!

LUI

Oui , c'est a Iris qu'il te faut comparer, phénomène merveilleux, charmant, flexible en ta beauté, variée en ton harmonie, et toujours nouvelle et toujours la même comme elle !

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