‹ PoésiesChapitre 146 sur 225 · TRAVERSÉE HEUREUSE · texte numérisé non relu

TRAVERSÉE HEUREUSE

La mer se déchire, le ciel est clair, Éole dissipe l'inquiétant réseau, les vents murmurent, le nautonier s'émeut. Vite ! vite ! l'onde se partage, l'horizon s'approche, je vois déjà la terre !

Dernièrement j'avais cueilli un bouquet de fleurs des champs , je le portais en rêvant à la maison ; mais, quand j'arrivai, la chaleur de ma main avait fait que toutes les corolles se tournaient vers la terre. Je le posai dans un verre d'eau fraîche; et, voyez le miracle, aussitôt les petites tètes de se relever, les tiges de reverdir, toutes aussi saines que si elles étaient encore sur le sol maternel!

Tel fut l'effet que j'éprouvai lorsque j'entendis mes vers dans une langue étrangère.

Quand je vais sur la place du marché a travers la multitude, et que j'aperçois ma jolie fillette dans la foule, je m'avance, elle vient à moi, et personne ne voit comme nous nous aimons tous les deux. « Vieillard, tu n'abdiqueras donc jamais ? toujours des fillettes! Autrefois, pendant ta jeunesse, c'était une Kaetehen ; quelle est maintenant celle qui adoucit tes jours? parle clairement. — « Voyez là-bas comme elle me salue; c'est la Vérité! »

LES AITKURS,

Dans la prairie, le long d'un ruisseau, à travers son jardin, il s'en va cueillant les fleurs les plus nouvelles. L'attente fait battre son cœur, sa mie vient. 0 fortune! ô bonheur! jeune homme, change tes fleurs pour un regard !

Le voisin, jardinier de son métier, jette un coup d'oeil par-dessus la haie. « A Dieu ne plaise que je sois un tel fou ! J'ai plaisir d'élever mes fleurs, de garder mes fruits des oiseaux; mais sitôt qu'ils sont murs, de l'argent, mon compère! Au fait, pourquoi perdrais-je ma peine? »

Tels sont les auteurs, à ce qu'il semble ; l'un prodigue ses joies à ses amis, au public, l'autre se les fait payer.

Dieu envoya à ses grossiers enfants la Loi, l'Ordre, la Science et l'Art, auxquels il donna pour mission d'améliorer le sort inculte de la terre. Us descendirent nus du ciel, et ne savaient comment s'y prendre; la Poésie leur donna des vêtements, et nul d'entre eux n'eut plus à rouiiir.

1 Ait POESIES DIVERSES.

J'allais entrer dans mon jardin, trois amis viennent, ils pouvaient bien être quatre; je les invite poliment, et leur dis qu'ils sont les bienvenus, car au milieu, dans une aimable salle, était justement dressé un gentil déjeuner; j'ajoutai que si le jardin leur plaisait, chacun pouvait s'y promener a sa fantaisie. Aussitôt l'un se glisse dans la teuillée, l'autre grimpe aux treilles, et son frère vise aux pommes, qu'il tient pour excellentes. Vainement j'observe qu'il y en a la sur la table de fraîches et de cueillies, que je leur offre, ils voulaient les cueillir eux-mêmes, et le dernier s'échappe comme une souris par la porte de derrière. Quant a moi, j'allai dans la salle de verdure, et mangeai seul mon déjeuner.

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