‹ PoésiesChapitre 147 sur 225 · LA COUPE · texte numérisé non relu

LA COUPE

.le pressais dans mes mains une coupe d'or ciselé, et j'en buvais avidement la douce liqueur pour noyer une bonne ibis la peine et le souci.

Amour entre, et, me voyant, sourit en cachette, comme s'il prenait en pitié ma folie.

Ami, je sais une plus belle coupe, digne qu'on y plonge son àme tout entière ; que diras-tu si je t'accorde de l'emplir d'un autre nectar?

Oh! qu'il a gentiment tenu parole, Lida, lorsqu'il t'inspira un doux penchant pour moi, qui languissais dés longtemps.

Lorsque j'embrasse ton corps chéri et savoure sur tes lèvres le baume d'un amour longtemps contenu, heureux, je me dis alors a moi-même :

Non, une pareille coupe, nul dieu, si ce n'est l'Amour, ne l'a jamais formée ni possédée; jamais les marteaux intelligents de Vulcain n'ont rien créé de tel ! Sur ces collines

touffues, Lyœus a beau faire fouler par les plus habiles de ses femmes les raisins choisis, il a beau lui-même présider à la fermentation mystérieuse, nul soin ne lui donnera ee nectar!

A LA CIGALK ,

d'après anacreox.

Tu es heureuse, chère petite, qui, parmi les rameaux des arbres, enivrée d'une goutte d'eau, en chantant, vis comme un roi ; tu fais ton bien de tout ce que tu découvres dans les champs, de tout ce qu'apportent les heures.Tu vis parmi les laboureurs, leur amie respectée, et les mortels t'honorent, douce messagère du printemps! Les Muses t'ont en affection, etPhébus, lui aussi, t'aime; tu reçus de leur faveur ta voix argentine, et jamais vieillesse ne te prend. Saine, douce amie des poètes, libre de chair et de sang, fille de la terre, exempte de souffrance, presque comparable aux dieux !

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