‹ PoésiesChapitre 163 sur 225 · EPICTÈTE · texte numérisé non relu

EPICTÈTE

Laisse-leur leur butin ; n'envie pas au monde ses jetons!

LES GENS

Dis-nous donc ce qui doit nous plaire , avant que nous nous séparions pour toujours.

LES SAGES

Ma première loi est que dans le monde on évite les questionneurs.

La vie habite en chaque étoile ; l'étoile poursuit avec sa sœur la route pure qu'elle-même s'est choisie. Dans le sein du iilobe terrestre battent les forces qui nous conduisent a la nuit et nous ramènent au jour.

Lorsque dans l'infini ruissellent les mêmes éléments renouvelés sans cesse , que la voûte aux mille aspects se referme puissamment, le désir de vivre s'épanche à torrent de toute chose, de l'étoile petite comme delà grande, et tout ce mouvement, toute cette lutte est l'éternel repos au sein de Dieu !

La nuit, lorsque de bons esprits rôdent, enlevant le sommeil de ton front ; lorsque les lueurs de la lune et le scintillement des étoiles te baignent des clartés du grand tout éternel, il te semble déjà que tu dépouilles ton enveloppe terrestre et te hasardes au pied du trône de Dieu.

Mais lorsque le jour remet le monde sur ses pieds, n'attends pas de lui qu'il tienne les belles promesses de l'aurore; des midi se transforment déjà les rêves du matin.

Et moi! dieux immortels, il dépend de vous d'imposer un terme à cette œuvre de sortilège. Combien je vous aurai de reconnaissance lorsque vous me rendrez ma liberté! cependant ne m'envoyez point de secours. Ce n'est pas vainement que je me démène de la sorte, je le sens, je le jure, la force habite encore en moi.

Page 1