PRINTEMPS ANTICIPÉ
Jours d'ivresse, venez-vous si tôt? le soleil me rend-il la colline et le bois?
Les ruisseaux s'épanchent plus abondants. Est-ce la prairie, est-ce le vallon?
Fraîcheur du bleu! Ciel et hauteurs! des poissons d'or foisonnent dans le lac.
Des essaims variés voltigent dans le bois; des chants célestes y resonnent.
Sous l'épaisseur du vert feuillage les abeilles sucent leur miel en bourdonnant.
Une vague rumeur agite l'air, émoi charmant, parfum mystérieux !
Un souffle plus fort bientôt s'élève, et se perd aussitôt dans la feuillée.
Mais bientôt il rentre au cœur: Muses, aidez-moi a supporter cette ivresse !
Voyez un peu, depuis hier, ce qui se passe en moi? aimables sœurs, ma bien-aimée est là !