‹ PoésiesChapitre 53 sur 225 · PRINTEMPS ANTICIPÉ · texte numérisé non relu

PRINTEMPS ANTICIPÉ

Jours d'ivresse, venez-vous si tôt? le soleil me rend-il la colline et le bois?

Les ruisseaux s'épanchent plus abondants. Est-ce la prairie, est-ce le vallon?

Fraîcheur du bleu! Ciel et hauteurs! des poissons d'or foisonnent dans le lac.

Des essaims variés voltigent dans le bois; des chants célestes y resonnent.

Sous l'épaisseur du vert feuillage les abeilles sucent leur miel en bourdonnant.

Une vague rumeur agite l'air, émoi charmant, parfum mystérieux !

Un souffle plus fort bientôt s'élève, et se perd aussitôt dans la feuillée.

Mais bientôt il rentre au cœur: Muses, aidez-moi a supporter cette ivresse !

Voyez un peu, depuis hier, ce qui se passe en moi? aimables sœurs, ma bien-aimée est là !

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