CONSOLATION DANS LES LARMES
— D'où te vient cette tristesse lorsque tout semble joyeux ? On voit à tes paupières, on voit que tu as pleuré.
a Et si j'ai pleuré dans la solitude, c'est d'une douleur que je garde, et les larmes que je répands sont douces et me soulagent le cœur. »
— Des amis joyeux te convient. Oh ! viens sur notre sein, et quelle que soit la perte que tu aies faite, ne crains pas de nous la confier.
« Vous ne pouvez comprendre, dans vos fêtes bruyantes, le chagrin qui me dévore, infortuné ! Ah ! non, je ne l'ai pas perdu, bien qu'il me manque! »
— Allons ! reviens à toi, tu es jeune. A ton âge, on a la force et l'ardeur de la conquête.
« Hélas non ! ce bien , je ne puis le conquérir , il est trop loin de moi. Il plane là-haut, et brille d'un éclat pareil a cette étoile. »
— Les étoiles , on ne les désire pas , on jouit de leur splendeur, et pendant chaque nuit sereine on les contemple avec ravissement.
« Et si je lève les yeux avec ravissement pendant des jours entiers, laissez-moi passer les nuits dans les larmes, aussi longtemps que je pourrai pleurer. »