‹ PoésiesChapitre 75 sur 225 · SEMBLANT DE MORT · texte numérisé non relu

SEMBLANT DE MORT

Ici pleurez les jeunes filles, ici , sur le tombeau de l'Amour; ici d'un rien il a péri. Mais est-il vraiment mort? Je n'en jurerais pas; un rien, le moindre accident si souvent le ranime î

VAMTAS! VANITÀTTJM VAMTAS !

Je n'ai mis mon bien nulle part.

Ho hé !

Voilà pourquoi je suis Pi bien au monde !

Ho hé!

Et qui veut être mon camarade va trinquer avec moi, et chanter un refrain en buvant ce reste de vin.

J'avais mis mon bien dans l'or et les richesses,

Ho hé !

J'en perdis la joie et le cœur;

0 malheur!

Les pièces roulaient ici et là, et tandis que je les happais d'un côté, de l'autre elles m'échappaient.

J'avais mis mon bien dans les femmes,

Ho hé !

Il m'en revint plus d'un chagrin;

0 malheur ! \

La perfide cherchait d'autres partis, la sincère m'ennuya, la meilleure elle n'était pas à vendre.

Je mis mon bien dans les voyages et les migrations, Ho hé !

-; t LIEDS.

Va je désappris les mœurs de ma patrie ;

0 malheur!

Et nulle part je ne me plus; chère étrangère, lits mauvais, personne ne me comprenait.

Je mis mon bien dans la gloire et les honneurs,

Hohe!

Et voyez! un autre aussitôt en eut davantage :

0 malheur !

Comme je m'étais distingué, tous me regardaient de travers, chacun trouvait a blâmer en moi.

Je mis mon bien dans les guerres et les batailles

Ho hé !

Et nous eûmes plus d'une victoire;

Ho hé!

Nous entrâmes sur les terres de l'ennemi, a quoi l'ami ne gagna pas grand'chose, et je perdis une jambe.

Désormais je n'ai mis mon bien nulle part.

Hohe!

Et le monde entier m'appartient ;

Ho hé !

Chansons et repas tirent à leur fin ; allons, tous, qu on me tienne tète une dernière fois! vidons nos verres

ÉPIPHAME.

Les trois saints rois avec leur étoile, ils mangent, ils boivent et ne paient pas volontiers; ils mangent bien, ils boivent bien : ils mangent, boivent et ne paient pas.

Les trois saint rois iei sont venus, ils sont trois et ne sont pas quatre; et s'il en venait un quatrième, il y aurait un trois saint roi de plus.

Moi , le premier, je suis le blanc et le beau; c'est au grand jour qu'il faut me voir ! mais, hélas ! avec toutes mes épices, je n'ai plus de quoi contenter une belle fille.

Moi, je suis le brun et le long, connu des femmes, connu par mon chant. Je porte l'or au lieu d'épice, et partant, suis en tout lieu le bienvenu.

Enfin, moi, je suis le noir et le petit, dans l'occasion joyeux compère; je mange bien, je bois bien, je mange et bois et remercie.

Les trois saints rois sont bien pensants, ils cherchent la mère avec l'enfant; le bon Joseph est à côté, le bœuf et l'âne gisent sur la litière.

Nous apportons la myrrhe, nous apportons l'or; l'encens est en faveur auprès des dames. Et quand nous avons de bon vin, trois que iuous sommes buvons comme six.

Comme on ne voit ici que belles dames et beaux messieurs, mais point d'ânes et point de bœufs , nous ne sommes pas à notre place, et passons notre chemin.

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