‹ PoésiesChapitre 76 sur 225 · LES HEUREUX ÉPOUX · texte numérisé non relu

LES HEUREUX ÉPOUX

Après cette pluie de printemps, que nous a\ons si ardemment souhaitée, petite femme, oh! vois la bénédiction qui flotte au-dessus de nos champs. Le regard se perd au

loin dans le vague du bleu; ici chemine encore l'amour, ici loge encore le bonheur.

Vois-tu ces blancs ramiers? ils s'envolent là-bas, ou fleurissent les violettes, sous des bosquets baignés de soleil. Là nos mains ont serré le premier bouquet, là nos premiers feux s'allumèrent.

Mais, lorsque après le tendre oui, le prêtre nous eut vus nous hâter vers l'autel, au milieu d'autres jeunes couples, alors de nouveaux soleils se levèrent, de nouvelles lunes aussi, alors le monde s'ouvrit à notre course.

Depuis, plus de mille cachets sont venus fortifier l'alliance, dans le petit bois, sur la colline, dans les buissons de Ja prairie, dans les grottes, dans les décombres ; sur la hauteur du rocher, et jusque parmi les roseaux du lac, Amour portait le feu.

Nous cneminions contents, nons pensions être deux ; mais il en était autrement décidé, et vois! nous étions trois, et quatre, et cinq et six ; ils s'asseyaient autour de la marmite, et maintenant les rejetons presque tous nous passent de la tête.

Là -bas, dans la belle prairie, cette maison neuve de si ravissante apparence, des ruisseaux l'environnent, plantés de peupliers ! Qui donc s'est élevé cette heureuse demeure, si ce n'est notre brave Fritz avec sa mie?

Et dans le creux du rocher, là où le fleuve encaissé s'élance en écumant de l'écluse sur les roues , on parle de meunières, et comme elles sont belles; mais notre enfant l'emportera toujours.

Cependant à cette place où le gazon croît épais autour de l'église, où l'antique sapin se dresse se.1 vers le ciel, là reposent nos morts tombés avant l'âge, et notre regard quitte la terre pour se tourner vers Dieu.

Des nappes étincelantes d'armes ondulent au versant de la colline, l'armée revient en foule qui nous a donné la paix. Qui marche en tête, d'un air fier, avec le signe de

l'honneur? Il ressemble a notre enfant! Cari, ainsi rentre à la maison.

Le plus chéri des hôtes, maintenant sa fiancée l'accueille; aux fêtes de la paix elle épousera son amoureux fidèle ; et lorsque chacun accourra pour la danse, alors pare de couronnes les trois plus jeunes enfants.

Au son des flûtes et des chalumeaux, l'heureux temps revivra ou, nous aussi, jeune couple, la danse nous réjouissait. Et dans le courant de l'année, le plaisir m'en vient au cœur d'avance! nous accompagnerons vers les fonts baptismaux et le petit-fils et le fils.

demies encore plus merveilleux, Tari du poët< les rend vrais.

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