‹ PoésiesChapitre 86 sur 225 · LA VIOLETTE · texte numérisé non relu

LA VIOLETTE

Je vis humble et cachée et ne parle pas volontiers ; mais je veux aujourd'hui, puisque tout le commande, rompre mon silence profond. Si c'est moi , homme bon , ah ! combien je regrette de ne pouvoir m'élever pour t' envoyer tous mes parfums.

LE COMTE

J'estime fort la bonne violette , elle est si modeste et sent si bon ; et pourtant en mes pensées cruelles il me faut davantage. Laissez donc que je vous l'avoue. En vain sur ces âpres hauteurs , sur ces rochers , on chercherait ma bien-aimée.

<iO BALLADES.

Là-bas, près du ruisseau, s'égare la plus fidèle épouse de la terre , et doucement soupire maint hélas jusqu'au jour de ma délivrance. Chaque fois qu'elle effeuille une fleurette bleue et lui dit : Ne m'oubliez pas, aussitôt moi, je le sens de loin.

Oui , au loin s'étend la puissance de deux cœurs qui s'aiment saintement, et c'est pourquoi dans la nuit du cachot j'ai trouvé la force de vivre , et quand mon cœur est près de se rompre, je m'écrie seulement : Ne m'oublie pas * , et me sens renaître à la vie.

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