LE CHERCHEUR DE TRÉSOR
Pauvre d'argent, le cœur en peine, je traînais mes tristes jours. Misère est la plus grande plaie , richesse est le souverain bien! Pour mettre un terme à mes souffrances, je m'en allai à la quête d'un trésor. J'écrivis avec mon propre sang : Tu auras mon âme !
Je traçai cercles sur cercles. J'assemblai des flammes étranges, des, herbes et des ossements : et l'incantation accomplie, je creusai la terre, selon qu'on me lavait enseigné, cherchant le vieux trésor à la place indiquée. La nuit était noire et orageuse.
Soudain j'aperçus une clarté qui, semblable à une étoile, s'avança du lointain le plus reculé, juste au coup de minuit. Et sans tarder, la place s'éclaira de la lueur d'une coupe pleine qu'un bel enfant portait.
Je voyais ses doux yeux briller sous l'épaisse couronne du bois; à la lueur de la coupe céleste, il franchit le cercle, et m'invita poliment à boire. Et je pensai, à part moi : L'enfant que ce don lumineux recommande ne saurait vraiment être le Malin.
« Bois dans cet élixir le courage de la vie pure! alors tu comprendras la leçon que je te donne , et ne viendras plus, dans les angoisses, évoquer l'enfer à cette place. Ne fouille plus le sol en vain. Travail du jour ! repos du soir ! âpre semaine et joyeux dimanche ! que ce soit là ton talisman. »