‹ PoésiesChapitre 13 sur 64 · ETATS · texte numérisé non relu

ETATS

Ah ! ce soir, j'ai le cœur mal, le cœur à la Lune.

0 Nappes du silence, étalez vos lagunes;

0 toits, terrasses, bassins, colliers dénoués

De perles, tombes, lys, chats en peine, louez

La Lune, notre Maîtresse à tous, dans sa gloire:

Elle est l'Hostie ! et le silence est son ciboire 1

Ah ! qu'il fait bon, oh ! bel et bon, dans le halo

De deuil de ce diamant de la plus belle eau 1

O Lune, vous allez me trouver romanesque,

Mais voyons, oh ! seulement de temps en temps esl-c'que

Ce serait fol à moi de me dire, entre nous,

Ton Christophe Colomb, ô Colombe, à genoux ?

Allons, n'en parlons plus ; et déroulons l'office

Des minuits, conGts dans l'alcool de tes délices.

Ralentendo vers nous, ô dolente Cilé, j Cellule en fîbroine aux organes ratés I 1 Rappelle-toi les centaures, les villes mortes, I Palmyre, et les sphinx camards des Thèbe aux cent portes ; \ Et quelle Gomorrhe a sous ton lac de Lelhé

Ses catacombes vers la stérile Astarté !

Et combien l'homme, avec ses relatifs « Je t'aime »,

Est trop anthropomorphe au delà de lui-même, [ Et ne sait que vivoter comm' ça des bonjours

Aux bonsoirs tout en s'arrangeant avec l'Amour.

— Ah ! Je vous disais donc, et cent fois plutôt qu'une

Que j'avais le cœur mal, le cœur bien à la Lune.

POf.SIES

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