‹ PoésiesChapitre 14 sur 64 · LA LUNE EST STÉRILE · texte numérisé non relu

LA LUNE EST STÉRILE

Lune, Pape abortif à l'amiable, Pape Des Mormons pour l'art, dans la jalouse Paphos Où l'Etat tient gratis les fils de la soupape D'échappement des apoplectiques Cosmos !

C'est toi, léger manuel d'instincts, toi qui circules, Glaçant, après les grandes averses, les œufs Obtus de ces myriades d'animalcules Dont les simouns mettraient nos muqueuses en feu !

Tu ne sais que la fleur des sanglantes chimies ; Et perces nos rideaux, nous offrant le lotus Qui constipe les plus larges polygamies, Tout net, de l'excrément logique des fœtus.

LIMITATION DE NOTRE-DAME LA LUNE (Jl

Carguez-lui vos rideaux, citoyens de mœurs lâches; C'est l'Extase qui paie comptant, donne son Ut Des deux sexes et veut pas même que l'on sache S'il se peut qu'elle ait, hors de l'art pour l'art, un but.

On allèche de vie humaine, à pleines voiles,

Les Tantales virtuels, peu intéressants

D'ailleurs, sauf leurs cordiaux, qui rêvent dans nos moelles

Et c'est un produit net qu'encaissent nos bons sens.

Et puis, l'atteindrons-nous, l'Oasis aux citernes, Où nos cœurs toucheraient les pays qu'On leur doit ? Non, c'est la rosse aveugle aux cercles sempiternes Qui tourne pour autrui les bons chevaux de bois.

Ne vous distrayez pas, avec vos grosses douanes; Clefs de fa, clefs de sol, huit stades de claviers, Laissez faire, laissez passer la caravane Qui porte à l'Idéal ses plus riches dossiers I

L'Art est tout, du droit divin de l'Inconscience; Après lui, le déluge ! et son moindre regard Est le cercle infini dont la circonférence Est partout, et le centre immoral nulle part.

r.2 POKSIES

Pour moi, déboulonné du pôle de stylite

Qui me sied, dès qu'un corps a trop de son secret,

J'affiche : celles qui voient tout, je les invite

A venir, à mon bras, des soirs, prendre le frais.

Or voici : nos deux Cris, abaissant leurs visières, »

Passent mutuellement, après quiproquos, 'e|

Aux chers peignes du cru leurs moelles épinières D'où lèvent débusqués tous les archets locaux.

Et les ciels familiers liserés de folie

Neigeant en charpie éblouissante, faut voir

Comme le moindre appel : c'est pour nous seuls ! rallie

Les louables eflorts menés à l'abattoir !

Et la santé en deuil ronronne ses vertiges, Et chante, pour la forme : « Hélas ! ce n'est pas bien, » Par ces pays, pays si tournoyants, vous dis-je, » Où la faim d'Infini justifie les moyens. »

Lors, qu'ils sont beaux les flancs tirant leurs révérences

Au sanglant capitaliste berné des nuits.

En s'affalant cuver ces jeux sans conséquence I

Oh ! n'avoir à songer qu'à ses propres ennuis !

L IMITATION DE iNOTItE-UA.MJB LA LUNE 6.3

— Bons aïeux qui geigniez semaine sur semaine, Vers mon Cœur, baobab des védiques terroirs, Je m'agite aussi ! mais l'Inconscient me mène ; Or, il sait ce qu'il fait, je n'ai rien à y voir.

6i POESIES

STERILITES

Cautérise et coagule

En virgules Ses lagunes des cerises Des félines Ophélies Orphelines en folie.

Tarentule de feintises

La remise Sans rancune des ovules Aux félines Ophélies Orphelines en folie.

Sourd aux brises des scrupules,

Vers la huile De la lune, adieu, nolise Ces félines Ophélies Orphelines en folie 1 •

LIMITATION DE NOTUE-UAME LA LUXE 65

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