ORIGINE DES ALBUM
A M. L. GARKERAY.
Blessé par le serpent Python , Dont il avait puni Taudace , Pendant quelque temps Apollon S'était vu forcé, nous dil-oii , De garder la chambre au Paruasse.
Esculape en a répondu j Mais de la demeure divine Tout accès était défendu Même aux filles de Mnémosyne.
Alors on vit de toutes parts Accourir les enfants des arts ; Et chez le beau dieu de la lyre, Que l'on dérobe à leurs regards , Chacun s!empresse de s'écrire.
Dans un voyage vers ces lieux Où le fils de Latone habite.
Une muse a mis sous mes yeux L'un de ces album précieux Rempli de cartes de visite.
L'œuvre a révélé les talents :
Simple et vrai comme la nature , Je reconnais ces traits brillants; Decamp , voilà ta signature.
Ce charlatan (i) lai fiole en main M'avait déjà nommé Ptohen.
Dunouis , ce frais paysage , Ces bois, ces rochers, ce feuillage , Révèlent tes crayons exquis.
Boissieu parle dans ses croquis.
Quel coloris brillant et tendre !
Non, non , à ce charmant morceau Un estimateur de tableau (2) Ne pourra jamais se méprendre ?
Mais en lisant ce doux adieu Qu'un poète guerrier soupire, Monsieur Régnault , on pourrait dire Que ces vers-là sont de Chaulieu.
Il est encore une méprise Qu'Apollon lui-même a commise :
En voyant le port de Bordeaux (3), Ce ciel , cette mer , ces vaisseaux , Trompé par ces touches si fines , Le dieu , qui pourtant s'y connaît , Au bas de ces belles marines De sa main écrivit , Vemet.
Fière d'une erreur honorable, Mais plus éprise encor du vrai , Sur cet album la muse aimable.
Avec un charme inexprimable.
Inscrit le nom de Garneray.
(1) D'après de M. Decamp Kohen.
(a) Gouache de mademoiselle Lescot^ aujourd'hui madame Haudebourg.
(3) Dessin de M. D. Garneray.
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