‹ Poésies légèresChapitre 108 sur 132 · ORIGINE DES ALBUM · texte numérisé non relu

ORIGINE DES ALBUM

A M. L. GARKERAY.

Blessé par le serpent Python , Dont il avait puni Taudace , Pendant quelque temps Apollon S'était vu forcé, nous dil-oii , De garder la chambre au Paruasse.

Esculape en a répondu j Mais de la demeure divine Tout accès était défendu Même aux filles de Mnémosyne.

Alors on vit de toutes parts Accourir les enfants des arts ; Et chez le beau dieu de la lyre, Que l'on dérobe à leurs regards , Chacun s!empresse de s'écrire.

Dans un voyage vers ces lieux Où le fils de Latone habite.

Une muse a mis sous mes yeux L'un de ces album précieux Rempli de cartes de visite.

L'œuvre a révélé les talents :

Simple et vrai comme la nature , Je reconnais ces traits brillants; Decamp , voilà ta signature.

Ce charlatan (i) lai fiole en main M'avait déjà nommé Ptohen.

Dunouis , ce frais paysage , Ces bois, ces rochers, ce feuillage , Révèlent tes crayons exquis.

Boissieu parle dans ses croquis.

Quel coloris brillant et tendre !

Non, non , à ce charmant morceau Un estimateur de tableau (2) Ne pourra jamais se méprendre ?

Mais en lisant ce doux adieu Qu'un poète guerrier soupire, Monsieur Régnault , on pourrait dire Que ces vers-là sont de Chaulieu.

Il est encore une méprise Qu'Apollon lui-même a commise :

En voyant le port de Bordeaux (3), Ce ciel , cette mer , ces vaisseaux , Trompé par ces touches si fines , Le dieu , qui pourtant s'y connaît , Au bas de ces belles marines De sa main écrivit , Vemet.

Fière d'une erreur honorable, Mais plus éprise encor du vrai , Sur cet album la muse aimable.

Avec un charme inexprimable.

Inscrit le nom de Garneray.

(1) D'après de M. Decamp Kohen.

(a) Gouache de mademoiselle Lescot^ aujourd'hui madame Haudebourg.

(3) Dessin de M. D. Garneray.

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