‹ Poésies légèresChapitre 115 sur 132 · SCÈNE IIL · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL

ZEUXIS, seul.

Armé d'une noble constance , Bravons la mort présente à mes regards j

Par une lâche complaisance Ne souillons pas la majesté des arts..,.

De sang-froid cependant examinons la chose ;

Cet insigne étourdi ne connaît aucun fseiu ;....

Neveu de Périclès , il peut tout ce qu'il ose î....

S'il osait de mes jours précipiter la fin?.... Zeuxis , tu vécus pour la gloire , Tu ne connais plus de rivaux; Tu peux mourir : les filles de mémoire

A l'immortalité consacrent tes pinceaux.

Ah! c'est fort beau de vivre dans l'histoire ; Mais je l'avouerai sans détour ;

Je verrais à regret ma carrière finie;

Je sais qu'on ne perd pas la gloire avec la vie ;

INIais en perdant la vie , hélas ! on perd l'amour. De mes travaux compagnes immortelles, A qui je dois mes talents , mon bonheur , De vos regards les vives étincelles

Embrasent à-la -fois mon génie et mon cccur.

Je ne vous verrais plus , ô mes charmants modèles !.

La mort peut loin de vous inspirer la terreur.... Ah ! repoussons une indigne faiblesse ;

N'achetons pas la vie au prix d'une bassesse ,

Et ne prenons conseil que des lois de l'honneur.

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