SCÈNE II. 25l
Tu vois ce que je puis.... Ne me résiste pas.
zEUXis , avec mépris.
Enfant , épargne-toi cette vaine menace , Je me ris des fureurs du tils de Cliuias.
ALCIBIADE
Je soumettrai cette humeur intraitable ; Tu ne sais pas encor de quoi je suis capable ?
ZEUXIS
Je ne veux pas te contester
Le privilège de tes œuvres j
Je ne sais que les enfanter ,
Tu sais mutiler des chefs-d'œuvres , (i)
Je connais tes heureux talents.
Mieux qu'aucun citoyen d'Athène Tu sais guider un char dans la poudreuse arène j
Tu sais , dans tes nobles penchants , Braver les lois , les mœurs , séduire l'innocence j
Tu sais imiter les tyrans....
ALCIBIADE
Et je sais punir l'insolence.
Je te le dis pour la dernière fois :
Comblé de mes bienfaits , se rendre à ma prière , Ou du soleil jamais ne revoir la lumière,
Zeuxis , tu n'as plus que ce choix.
2EUXIS.
Il est fait.
ALCIBIADE
Un moment je suspends ma vengeance; Tremble , tu dois tout craindre , et même le trépas.
{Il sort.)
ZEVXIS.
Mais ton portrait du moins ne s'achèvera pas.
(i) Allusion à la mulilalion des statues de Mercure dont AIciLiade fut accusé.