‹ Poésies légèresChapitre 118 sur 132 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

ZEUXIS, ALCIBIADE, le chœur.

ALCiBiADE , aux esclaves.

Arrêtez !

(^IlJaH signe aux esclaves qui s^ éloignent.) Tu connais le destin qui t'attend ; Tu peux encore t'y soustraire ; Je veux oublier ma colère ; N'écoute plus un vain ressentiment.

ZEUXIS

Des fers à moi!.... Je succombe à ma rai^e..

ÂLCIBIÂDE.

Mets un prix à la paix , je t'en offre le gage.

ZEUXIS

Je ne veux rien de toi.

ALCIBIADE

D'une beauté volage Je t'ai ravi l'hommage.

Venge-toi d'elle en l'oubliant :

Pendant qu'on pleure une infidèle , On perd auprès d'une autre belle L'occasion d'être inconstant.

Imite-moi : dans la tendresse Je ne cherche que les plaisirs , Et je crains plus pour la vieillesse Lts regrets que les repentirs.

Soyons amis , Zeuxis....

ZEUXIS

Après un tel outrage , Quand je suis dans ces lieux lâchement arrêté !

Fais-moi rendre ma liberté, El je pourrai prêter l'oreille à ce langage.

ALCIBIADE

Sois libre au sein de ce palais ;

Tu peux y commander en maître j Les plaisirs , sur tes pas enchaînés désormais , A la voix de Zeuxis s'empresseront de naître.

ZEUXIS

Je veux ma liberté.

ALCIBIADE

Venez , talents divins , Beautés, plaisirs, troupe fidèle.

Tous dont la puissance éternelle Dans des liens de fleurs enchaîne les humains.

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