LES GAULOIS ET LES FRANCS
Air : Gai ! gai I marions -nous.
Gai! gai! serrons nos rangs, Espérance De la France ; , Gai! gai! serrons nos rangs,
En avant , Gaulois et Francs.
D'attila suivant la voix ,
Le barbare ,
Qu'elle égare , Vient une seconde fois Périr dans les champs gaulois.
Gai! gai ! serrons nos rangs.
Espérance
De la France ; Gai ! gai ! serrons nos rangs.
En avant, Gaulois et Francs.
Renonçant à ses marais,
Le Cosaque,
Qui bivouaque.
Croit , sur la foi des Anglais , Se loger dans nos palais.
Gai ! gai! serrons nos rangs , Espérance De la France; Gai! gai! serrons nos rangs, Eu avant, Gaulois et Francs.
Le Russe, toujours tremblant
Sous la neige
Qui l'assiège, Las de paiu noir et de gland , Yeut manger notre pain blanc.
Gai ! gai ! serrons nos rangs , Espérance Delà France; Gail gai! serrons nos rangs, En avant , Gaulois et Francs.
Ces vins que nous amassona Pour les boire A la victoire.
Seraient bus par des Saxons j Plus de vin, plus de chansons.
Gai! gai! serrons nos rangs, Espérance De la France ;
Gai! gai! serrons nos rangs, En avant, Gaulois et Francs.
Pour des Calmouks durs et laids
Nos filles
Sont trop gentilles; Nos femmes ont trop d'attraits :
Ali ! que leurs fils soient Français!
Gai! gai! serrons nos rangs, Espérance De la France ; Gai! gai ! serrons nos rangs , En avant, Gaulois et Francs.
Quoi! ces monuments chéris.
Histoire
De notre gloire, S'écrouleraient en débris I Quoi ! les Prussiens à Paris!
Gai! gai! serrons nos rangs , Espérance De la France; Gai! gai! serrons nos rangs, En avant , Gaulois et Francs.
Nobles Francs et bons Gaulois ,
La paix si cbèrô
A la terre , Dans peu viendra sous vos toits Vous payer de tant d'exploits.
Gai! gai! serrons nos rangs, Espérance De la France j Gai ! gai ! serrons nos rangs , En avant, Gaulois et Francs.
LA ROMANCE
La signrfîcatîon de ce mot s^est beaucoup étendue ; on ne l'appliquait autrefois qu'a de vieilles historiettes écrites en vers faciles, divisés par couplets, et qui se chantaient sur des airs d'une mélodie douce, nalurelle, et simple comme les paroles.
On donne aujourd'hui le nom de romance a toutes les chansons où dominent , comme dans l'élégie, la plainte et la douleur.
Moncrif a excellé dans la romance historique, et Ton cite encore aujourd'hui , comme le modèle achevé de ce genre de composition, la romance à^Alis et Alexis y où se trouve le couplet suivant, d'un sentiment vrai , et d'un<; si exquise délicatesse.
Pour chasser de la souvenance
L'ami secret , On ressent bien de la souffrance
Pour peu d'effet ; Une si douce fantaisie
Toujours revient; En songeant qu'il faut qu'on l'oublie.
On s'en souvient.
Florian a semé ses nouvelles pastorales de romances plus remarquables par l'esprit et la grâce que par la naïveté.
M. de Coupigny, en ressuscitant parmi nous la romance, qu'avaient interrompue, pendant plusieurs années, les cris des factions et les chants de la victoire , imagina d'appliquer a ce genre de composition quelques-unes des formes du vieux rondeau. Ses romances, le Ménesti^el y II est trop tard y Fleur de beauté , suffiraient pour justifier cette heureuse innovation.
Entre un grand nombre de romances remarquables par le naturel , la grâce , et la sensibilité , le Ménestrel me paraît être celle où INI. de Coupigny se montre avec le plus d'éclat.
LE ISIÉNESTREL , ROMAïrCE élÉgiaqtje.
Un ménestrel délaissé par sa mie , Seul, en ces mots soupirait ses douleurs : Quoi! sans pitié tu vois couler mes pleurs , Cruel objet de ma flamme trahie.
Un jour ! hélas , du ménestrel
Tu regretteras la constance ;
Tu diras, plaignant sa souflfrance :
Pauvre Blondel î pauvre Blondel !
Et vous , témoins de mes ardeurs fidèles , Aux jours tant doux d'un bonheur passager , Vous dont le cœur ne peut jamais changer , Tendres amants , naïves pastourelles ,
Bien savez si le ménestrel
Mérite les maux qu'il endure j
Son amie est fausse et parjure.
Pauvre Blondel ! pauvre Blondel !
De loyauté , d'aimable courtoisie Toujours donna bon exemple et leçons ; Toujours disait, en ses douces chansons. Qu'amour constant est charme de la vie.
Las ! pleurez sur le ménestrel ;
En perdant maîtresse volage ,
Il regrette encor son servage ,
Pauvre Blondel I pauvre Blondel !
O mes amis , je veux snr cette rive , Et parmi vous me choisir un tombeau ; Vous suspendrez à quelque jeune ormeau Du troubadour la guitare plaintive :
Eu l'agitant , du ménestrel '
Les vents racontant l'aventure ,
Répéteront dans leur murmure :
Pauvre Blondel I pauvre Blondel !
Si quelquefois aux danses bocagères, Parmi les jeux , les innocents plaisirs , De mon tourment les tristes souvenirs Font soupirer les folâtres bergères.
En silence , du méuestrel
Pressant la tombe solitaire ,
Leur main gravera sur la pierre :
Pauvre Blondel ! pauvre Blondel !
M. de Longchamp a fait soupirer la romance sur un ton plus brillant. Sans être moins tendre, moins facile , son style a plus d'éleVation ; avec la même franchise sa douleur a plus d'e'clat ; mettons le lecteur a même d'en juger.