‹ Poésies légèresChapitre 29 sur 132 · LE DISTIQUE · texte numérisé non relu

LE DISTIQUE

Le distique est un couplet dont le sens doit être renfermé en deux vers. Chez les Latins, le premier vers devait être hexamètre , et le second pentamètre. Les distiques de Caton , comme les quatrains de M. de Morel-Vindé , sont plus ce-

ESSAI SUll LA POÉSIE LÉGÈRE. 85

lèbres par l'excellente morale qu'ils renferment, que par la poe'sie du style.

Voltaire qui avait concouru pour le prix de Pacade'mie des sciences , sur la nature et la propagation du feu, avait pris pour devise ce distique latin 5 dont Condorcet admire Pe'nergique pre'cision :

Iguis uLique latet, naturam amplectitur oranem , Cuiicta périt, rénovât, dividit, unit., alit.

On chercherait vainement chez les poètes anciens, si fe'conds en ce genre, un distique a comparer a celui de Voltaire, inscrit au bas d'une statue de FAmour.

Qui que tu sois , voici ton maître , Il l'est , le fut, ou le doit être»

Ou cet autre du même auteur.

Sur l'estampe du R. P. Girard et de La Cadière^.

Celte belle voit Dieu , Girard voit cette belle : Ah ! Girard est plus heureux qu'elle.

Tous les distiques de Le Brun sont des épi^ grammes en deux vers.

Sur une dame poète.

Chloé , belle et poète , a deux petits travers i. Elle fait son visage, et U£ fait pas ses vers.

Dialogue entre un pauvre poète et fauteur.

On vient de me voler. — Que je plains ton malheur î

— Tous mes vers manuscrits. — Que je plains le vol»«ir î

Sur notre dictionnaire académique.

Ou fait , défait, refait ce beau dictionnaire ,

Qui toujours très-bien fait , reste toujours à faire.

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