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ÉLOGE DU TEMPS PRÉSENT

VAUDEVILLE

Air : Lison dormait.

Assez d'autres dans leur manie

Du passé vantent les douceurs;

Du présent que Ton calomnie.

Amis , soyons les défenseurs.

Pour débuter avec francliise,

Posons ce principe joyeux:

Nous valons mieux , nous valons mieux ,

( Quoi que maint aristarque en dise )

Nous valons mieux , nous valons mieux

Que nos vénérables aïeux.

La prise d'un fort dMlleraagne

S'appelait jadis un succès ;

Aujourd'hui pour chaque campagne

Il faut un royaume aux Français.

A tous les siècles de l'histoire

J'oppose nos jours glorieux.

Nous marchons mieux 'M^)

Dans les plaines de la victoire ;

Nous marchons mieux (^'^)

Que nos vénérables aïeux.

Épris d'une Astrée infidèle ,

Nous n'allons pas en Céladon ,

Bêtement, pour nous venger d'elle,

Faiie le saut dans le Lignon.

A moi Coriue vous préfère ,

Célimène aura d'autres yeux :

Nous aimons mieux , (^'*)

Jouir, voilà la grande affaire;

Nous aimons mieux (bis)

Que nos vénéiables aïeux.

Quand nos vieux Gaulois les dimanche»

Dans un feslin se rassemblaient ,

D'un jambon entre deux éclanches

Les bonnes gens se régalaient ;

Salmis , vol-au-vents , et suprêmes ,

N'ont jamais été connus d'eux.

Nous vivons mieux , (^^**)

L'art a fait des progrès extrêmes;

Nous vivons mieux (^'«)

Que nos vénérables aïeux.

De nos anciens l'humeur bachique

Doit être en honneur au caveau ;

Mais au fond du castel antique

On s'enivrait de vin nouveau.

Nous choisissons pour notre table

Et le meilleur et le plus vieux.

Nous buvons mieux , (tzV)

Et notre ivresse est plus aimable j

Nous buvons mieux (i.'i)

Que nos vénérables aïeux.

Quelquefois une voix rustique,

Plus aigre encor que la liqueur ,

Fredonnait un mauvais cantique

Où chacun détonnait en chœur.

Je le dis (que l'on me pardonne

D'avancer le fait en ces lieux).

Nous chantons mieux , (&w)

A part l'exemple que j'en donne ;

Nous chantons mieux (Jbis)

Que nos vénérables aïeux.

Jadis au sein de leurs familles , Pour célébrer le carnaval , Nos mères donnaicut ù leurs filles, Le mardi gras, un petit bal.

94 rOÉSlES LÉGÈRES.

Plus de léserve suiannée.

Affranchis d'un joug ennuyeux ,

Nous dansons mieux , (6ij)

Et nous dansons toute l'année;

Nous dansons mieux , {bis)

Que nos vénérables aïeux.

Nous savons que le temps nous presse;

Hier n'est plus qu'un souvenir ,

Et , quelque certain qu'il paraisse ,

Demain est encor l'avenir.

Nos pères amassaient sans cesse

Pour vivre quand ils seraient vieux.

Nous comptons mieux , (bis)

Aujourd'hui seul nous intéresse;

Nous comptons mieux (6?V)

Que nos vénérables aieux.

En génie , en vertus , nos pères

Ont conservé sur nous le pas ;

Mais ce sont là de ces mifères

Où leurs fils ne s'arrêtent pas

Notre avantage est manifeste

Dans tous les objets sérieux.

Nous valons mieux,, {bis)

Ainsi que ma chanson Tattefte ;

Nous valons mieux (5/*)

Que nos vénérables aïeux.

POÉSIES LÉGÈRES. qS

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