‹ Poésies légèresChapitre 47 sur 132 · HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE · texte numérisé non relu

HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE

VAUDEVILLE

Air .• Dans cette retraite à quinze ans. (Des V'sil)

Sur le monde en jetant les yeux , Sans doute il est permis d'en rire; J'aime assez les propos joyeux Qu'assaisonne un grain de satire.

Quelques tableaux , point de portraits.

Je déteste la médisance :

Sans amertume , sans apprêts J'esquisse au hasard quelques traits ;

Honni soit qui mal y pense. {bis.)

Sous les regards de sas parents j Laure , élevée avec décence , Ne reçoit pas de jeunes gens , Excepté son maître de danse.

Cependant son cœur est atteint D'un mal qui croît dans le silence j L'éclat de ses yeux , de son teint Depuis deux ou trois mois s'éteint; Honni soit qui mal y pense.

Dans un Caton de vingt-cinq ans La sagesse est chose bien fade ; J'aime mieux les défauts brillants Du séduisant Alcibiade.

La Grèce entière qu'il charma Eut pour lui la même indulgence j Le divin Socrate l'aima , Il l'instruisit , il le forma ; Honni soit qui mal y pense.

On se plaint de ces écrivains Qui , dans leur rage famélique ,

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Versent sur des talents divins Les flots d'une amère critique.

Les insectes au meilleur fruit Donnent toujours la préférence.

Gloire à l'instinct qui les conduit ^ Gloire à la main qui les détruit ; Honni soit qui mal y pense.

Le gros Verseuil est tout surpris Qu'à son retour d'un long voyage Sa femme lui présente un fils.

Très-gravement il l'envisage.

Laissez-moi compter par mes doigts, Dit-il , la chose est d'importance.

Je suis parti depuis vingt mois, Le cher enfant n'en a que trois j Honni soit qui mal y pense.

Vêtu d'un justaucorps mesquin ,

Paul vint à pied de son village;

Je vis arriver mon faquin ,

En sautoir portant son bagage.

Il a des terres , des chcâteaux ;

D'où lui vient donc tant d'opulence ?

Il a fourni les hôpitaux ,

Il a prêté ses capitaux ;

Honni soit qui mal y pense.

A''antez-nous ce globe maudit. S'écrie Alceste qui l'abhorre ; L'hiver , le froid nous engourdit , L'été , le soleil nous dévore ; Pour la vertu sont les revers , Le vice prospère , on l'encense.

Mais dans ce maudit univers , On fait l'amour , ou fait des vers j Honni soit qui mal y pense»

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