‹ Poésies légèresChapitre 56 sur 132 · MON CREDO · texte numérisé non relu

MON CREDO

Air : Aussitôt que la lumière.

Un auteur que je révère

Dit : Veritas in vino ;

Or doue , je remplis mon verre ,

Et j'entame mon credo.

Sur ce globe misérable

Dont on se plaint en tout lieu ,

Quoique tout marche à la diable ,

Je n'en croispas moins en Dieu.

Je crois que nos moralistes Prêchent d'exemple sur tout ; Et je crois nos journalistes , Des gens d'esprit et de goût.

Je crois que , sous leur hermine , Les chanoines sont des saints.

Je crois que la médecine Est utile.... aux médecins.

Je crois aux belles promesses Que Ton fait à des absents; Je crois aux tendres caresses.

De messieurs les courtisans.

Je crois à nos femmes sages , Qui n'ont jamais eu d'amants , Et je crois aux pucelages Des filles de vingt-cinq ans.

Je crois (tel autre l'atteste En barrette de carmin) Que le mérite modeste En France fait son chemin.

Je crois que dans sa cabane L'homme de bien vit en paix,

POÉSIES LÉGÈRES. l49

Et je crois que la chicane N'habite plus au palais.

Je crois aux plaisirs des âmes , Où les sens n'entrent pour rien :

Je parierais que ces dames N'en usent que par maintien.

Je crois même à leur constance , Et je suis bien convaincu Qu'en restant garçon en France Ou ne serait point c...

l5o POÉSIES LÉGÈRES.

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ROMAINCE.

Quand tu m'aimais , inconstante Sophie, J'étais heureux , je chérissais le jour ; Tu m'as quitté, je déteste la vie: Ah! mou bonheur n'était que mou amour!

Quand tu m'aimais , le dieu de l'harmonie Pour te chanter m'inspirait chaque jour } Tu m'as quitté, j'ai perdu mon génie : Ah! mon talent n'était que mon amour !

Quand tu m'aimais, aux larmes accessible^ Du malheureux je cherchais le séjour ; Tu m'as quitté, mon cœur est moins sensible: Ah ! mes vertus n'étaient que mon amour !

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