CHANSON DE TABLE
Air : La bonne av enture , ô gué l
Il faut régler ses désirs.
Dit un sage aimable , Et faire entre les plaisirs
Un choix raisonnable.
Des biens je fais peu de cas , Et je ne me plaindrai pas Si j'ai toujours ici-bas
Bon Ut , bonne table.
J'ai parcouru vainement
La terre habitable ; A qui tout ee mouvement
Est -il profitable?
Que gagne-t-on à changer?
Sans aller chez l'étranger , Bomons-noixs à voyager
Du lu à la table.
Damis voit dans la grandeur
Un bien désirable ; Pour moi ^ je crois le bonheur
Chose préférable.
L'homme heureux , sans se montrer Cherche à se faire ignorer , Satisfait de figurer
Au lit , à la table.
Amour , appétit , valeur
Ont un coin semblable:
Bon estomac d'un grand cœur Est inséparable ;
Pour théâtre à des exploits
POÉSIES LÉGÈRES. l/p
Moins brillants, mais plus courtois , Un héros choisit parfois lie Ut et la table.
Sans profaner des Latins
La langue admirable, Imitons de leurs festins
• L'ordonnance aimable :
Ce peuple s'y connaissait , Et savait ce qu'il faisait Lorsqu'ensemble il unissait
Le lit et la table.
i4') POÉSIES LÉGÈRES.
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POUR LA FÊTE DE IVri« CONTAT,
Air du cantique de saint Rock-
Or , écoutez , honorable assistance; Notre Louise estrobjet de mes chants :
Pax'tout ailleurs j'ai besoin d'indulgence , Car , si je dois en croire les méchants ,
Quand je la hausse
J'ai la voix, fausse ;
Les gens de bien N'en croiront jamais rien.
Pour commencer je devrais de Louise Vous faire ici le portrait gracieux , De son souris peindre la grâce exquise Et définir le charme de ses yeux ;
Mais la copie
La plus jolie
Figure mal Près de l'original.
Sur son esprit j'allais du moins m'étendre; Mais mon voisin d'un mot vient m'arréter : Mon cher , dit-il , quand nous pouvons l'entendre Ou pourrait bien ne pas vous écouter.
L'avis m'éclaire ;
Je dois me taire :
Sur son esprit D'ailleurs on a tout dit.
Talents divers^ admirés de l'envie,
Par des couplets doit-on vous célébrer?
Depuis long-temps on a fait à Thalie L'insigne honneur de laiui comparer :
Au lieu d'éloges,
Prenons deslo2fes;
POÉSIES LÉGÈRES» 1 4y
Allons le soir L'applaudir et la voii*.
Je sens fort bien que pour chanter Louise J'aurais besoin de quelques traits nouveaux : Fort à propos d'un détour je m'avise ; Messieurs , je vais parler de ses défauts.
Chacun d'avance
De mon silence
Se croit certain; Mais attendons la fin.
Sur un forfait dont mon cœur la soupçonne Je veux ici devant vous l'attaquer :
De notre choix elle tient la couronne ; Eh bien ! sachez qu'elle veut abdiquer (i) ;
Projet funeste ,
Qui, je l'atteste,
Doit pour jamais Mettre en deuil les Français.
Ne souffrons pas sa coupable retraite.
Qui met en pleurs les Grâces et les Ris : Que dans ce jour Louise nous promette De déférer au vœu de tout Paris :
Alors sa fêle
Devient parfaite ,
Et le plaisir Est sûr d'un avenir.
(:) Mademoiselle Contât se disposait à quitter le théâtre.
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