A SOPHIE
Crois-moi , jeune Sophie , Profitons des beaux jours ; L'aurore de la vie Appartient aux amours.
Laissons à la vieillesse Ce pénible attribut De blâmer la jeunesse D'être ce qu'elle fut.
Lors(ju'à tes bras timides J'entrelace mes bras , Que mes baisers rapides Effleurent tes appas , Sur ton cœur qui palpite Quand tu presses mon cœur Le sage le médite , Moi je sens le bonheur.
Si l'amour est un songe Prolongeons le sommeil ; Jouissons du mensonge Sans penser au réveil :
Et puisqu'avec le rêve S'enfuit notre bonheur , Avant qu'il ne s'achève Mourons dans notre erreur.