A MADEMOISELLE CONTAT
Après lui avoir vu jouer les rôles de la Mère Coupable, — la Femme Jalouse , — madame Evrard dans le Vieux Célibataire , — et Roxelane , où elle fut couronnée par les acteurs.
Pour la coquette Roxelane
Qu'un sultan foule aux pieds les lois.
C'est uu fait que chacun condamne
Et dont on doute quelquefois;
Mais qu'une actrice inimitable
Retrace cet événement ,
Le fait alors paraît cro3'able ,
Et l'on approuve Soliman.
En voyant la Mère Coupable , ( Funeste eifet de la douleur ! ) Chacun de sa faute excusable Voudrait , hélas I être l'auteur :
C'est un défaut que tant de charmes , Répond un critique envieux ; Peut-on après vingt ans de larmes Avoir encor d'aussi beaux yeux ?
C'est peu d'une infidèle épouse De bien peindre l'égarement ; Contât à! nna femme jalouse Retrace encor mieux le tourment.
Exempte d'une frénésie Qui suppose au moins un objet, Par quel art de la jalousie A-t-elle surpris le secret ?
Nous avons vu par quelle adresse , Enlaçant le cœur d'un barbon , La servante devient maîtresse
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Et du maître et de la maison.
Certain neveu , dans sa colère , La fait chasser par le vieillard :
Un plus jeune célibataire Aurait gardé madame Evrard.
Le don flatteur d'une couronne Est souvent accordé sans droit ; Quelquefois la brigue la donne , C'est au mérite qu'on la doit.
A cette faveur infinie Vous prêtez un nouvel éclat ; Le diadème de Thalie S'embellit au front de Contât.
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