‹ Poésies légèresChapitre 77 sur 132 · CAVATINE · texte numérisé non relu

CAVATINE

O toi ! ma lumière , ma vie ;

Toi, l'arbitre de mon destin,

Qui de l'amour et du génie

Alluma la flamme en mon sein ;

Auguste et tendre Éléonore,

Souris à ce glorieux jour.

Le triomphe dont ou m'honore

Me rend digne de ton amour.

Modèle de malheur, jouet du sort perfide, Celui dont les travaux ont charmé l'univers,

Le chantre de Renaud , d'Armide , A vécu dans les pleurs , et langui dans les ft- rs.

Des maux qui furent votre ouvrage

A^ous voulez expier l'outrage j

Hâtez-vous, injustes mortels;

L'oubli, l'opprobre, la misère,

Ont marqué mes pas sur la terre;

Je meurs , et j'obtiens des autels.

AIR

Qu'aux derniers accords de ma lyre

Réponde la postérité!

Pour moi , le moment où j'expire

Commence l'immortalité.

Sans regrets, du temps qui s'envole,

Je vois disparaître le cours;

Il est beau de finir ses jours

Sur les degrés du Capitole.

CHOerR DU PEUPLE.

Chantez , Muses! pleurez , Amours !

Le Tasse est tombé sur sa lyre.

L'amant d'Éléonore expire ; Le poète vivra toujours.

POÉSIES LÉGÈRES. IqS

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