CAVATINE
O toi ! ma lumière , ma vie ;
Toi, l'arbitre de mon destin,
Qui de l'amour et du génie
Alluma la flamme en mon sein ;
Auguste et tendre Éléonore,
Souris à ce glorieux jour.
Le triomphe dont ou m'honore
Me rend digne de ton amour.
Modèle de malheur, jouet du sort perfide, Celui dont les travaux ont charmé l'univers,
Le chantre de Renaud , d'Armide , A vécu dans les pleurs , et langui dans les ft- rs.
Des maux qui furent votre ouvrage
A^ous voulez expier l'outrage j
Hâtez-vous, injustes mortels;
L'oubli, l'opprobre, la misère,
Ont marqué mes pas sur la terre;
Je meurs , et j'obtiens des autels.
AIR
Qu'aux derniers accords de ma lyre
Réponde la postérité!
Pour moi , le moment où j'expire
Commence l'immortalité.
Sans regrets, du temps qui s'envole,
Je vois disparaître le cours;
Il est beau de finir ses jours
Sur les degrés du Capitole.
CHOerR DU PEUPLE.
Chantez , Muses! pleurez , Amours !
Le Tasse est tombé sur sa lyre.
L'amant d'Éléonore expire ; Le poète vivra toujours.
POÉSIES LÉGÈRES. IqS