‹ Poésies légèresChapitre 81 sur 132 · MARIE STUART · texte numérisé non relu

MARIE STUART

MOKOLOGUE LYRIQUE.

( On suppose que la scène se passe dans la prison de TeuJcbury , pendant la nuit qui précéda le jour oie VinfortU' née reine d'Ecosse périt sur Véchafaud. )

Quelle nuit !.... quel songe pénible !....

J'achève un douloureux sommeil î Hélas ! la vérité, plus triste, plus terrible. M'attendait au réveil !

Dans les fers je m'agite encore :

Mais le trépas bientôt les brise sans retour.

Le premier rayon de Taurore

Doit éclairer mon dernier jour.

Dans la profondeur des nuages J'entends la foudre retentir; Le ciel , par la voix des orages , De mon destin vient m'avertir.

Autour de ma retraite obscure , Les vents avec un long murmure Ont répété ces mots.... Marie, il faut mourir!....

Après tant de souffrance , Un supplice cruel, voilà mon espérance!

Recevez mes tristes adieux , Voûtes sombres, séjour d'alarmes, Muets témoins des larmes Qui coulent de mes yeux.

Adieu , si doux pays de France ( i ) , Berceau de mon heureuse enfance , D'où le sort voulut me bannir :

Orna patrie

(i) Les vers italirjiiesïonl do Marie Sluarl elît'mcinc

La plus chérie ^ Donne à Marie Un soiivenir.

Et toi , de mes tourments artisan détestable, Perfide Elisabeth , tu jouis de mes pleurs !

Dix-huit ans de malheurs De ta vengeance infatigable IS'ont pu désarmer les fureurs! . <

"\ iens assister à mon supplice ; Que mon trépas comble tes vœux ; Et par le plus lâche artifice , Que ta haine eucor me noircisse

Chez nos derniers neveux.

Tu ne saurais tromper la justice éternelle , Indulgente à l'erreur et terrible aux forfaits j

Tu lui rendras compte, cruelle,

Des maux affreux que tu m'as faits.

Que vois-je !.... une clarté fatale

A pénétré dans cette tour!....

Et déjà Taube matinale

Au monde ramène le jour.

J'écoute ... on approche.... on m'appelle!.... C'est la mort qui s'offre à mes yeux ! Un dieu met dans mon sein une force nouvelle; Mon ame s'affranchit de sa chaîne mortelle , Et , brillante d'espoir , s'élève vers les cieux (i)-

(t) Ces quatre scènes lyritjucs ont été composées pour être mises en musique par les jeunes élèves, et pour les concours acadénryqucs.

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