‹ PoésiesChapitre 100 sur 107 · LE CHOEUR · texte numérisé non relu

LE CHOEUR

AU mattre universel vouons noire existence , Il donna tous les biens à ses premiers enfans : Aux fils dëgënërës de coupables parens Il donne encor le jour » l'amour et Pespërance. Seigneur , être parfait de force et de dart^ » Quelle est ton indulgence et quelle est ta bouté ?

Le châtiment par toi suspendu sm* nos tètes , Nous menace long-tems prêt à se détourner ; Au lieu de nous punir tu veux nous ramener , Et ta foudre long-tems amasse les tempêtes.

Seigneur « èti'e parfait de force et de clarté , Quelle est ton indulgence » et quelle est ta bonté ?

Dans ce triste séjour d'épreuves salutaires , Tu nous jètes , Seigneur , mais sans nous délaisser ; Jusqu'aux faibles mortels tu daignes t'abaîsser ; Tu combats en nos cœurs nos penchans téméraires. Tu fis la conscience » et l'esprit et la voix ; Quelle est donc , 6 mon Dieu , la bonté de tes loix ?

l'époux

Bienfaiteur vigilant , créateur de l'abîme »

Reçois nos premiers vœux et nos premiers sermens ; Rends-nous dignes » grand Dieu , des vrais contentemens ; Ne nous donne jamais qu'un bonheur légitime f Et quand le dernier jour retentira pour nous , Puissions-nous sans rougir tomber k tes genoux !

LES cowAunss Qui s'avance semblable à l'aurore noOTellcf , Foite comme mie arm^ apprêtée aux combats ?

Sur eUe , du soleil ëtincelle l'édat »

Et la reine des nuits est moins pore et m<»ns belle* Passez y 6 Sulamite , et revenez encor Etaler des attraits le* plus ricbe trésor I

CHANT TROISIBXE.

ITris de* nena atenaoA , la colombe araintive Brille , et parait plus bdle en proie k la terreur ; Aiiui tremble et soupire aoz yeux de toa vainqueur^ Duu ce jour i'hyméaie , une vierge naïve ; Elle redierche et fiiit dei yeux Aincelaiu , Elle craint l'amour même et >ei preweudmeni.

Atteint par les cbauenn , le faon novice et tendre ,

Palpite dans l'angoisse , atteudaut incertain

L'issue et les donleors <le son fatal destin ,

Qu'il fuyait > qu'il presseid , et qu'il ne peut conpreadre.

Mùi envain SMit pour lui sa grAce et ta beauté :

Le fier veneur s'avance et le coup est porte t

Telle est , pris de l'autel , l'innocente vîcUme. La sant^ brille en vain sur ses traits dâîcats , Elle touche les cœurs envain par Ki appas :

Plus cruel est son sort , plus il est Intime. Tel , A vierge craintive , un époux , un amani Méprise ta frayeur, et s'approche ardemment.

298 POÉSIM-

Tu dérobes envaîn cette taille charmante , Ces trésors que ta main voudrait lui déguiser ; Sur le lit de l'hymen on vient de te poser , Ta mère écoute en vain ta plainte si touchante « Ne demande pas grâce aux bras de l'amitié ; Les cœurs , même le ciel , sont pour toi sans pitié«

Vierge en qui resplendit la jeunesse et la vie , Tu vivras ^ mais il faut te résoudre ii changer. ' - Et toi 9 jeune homme ardent, qui braves son danger. Au combat sauras-tu modérer ta furie ?

La victime à l'autel , brîlla-t*elle jamais Ainsi d'un pur éclat » d'innocence et d'attraits ?

Vainement la tunique » 6 viisrge , t'enveloppe ; Sous ce deiTiier rempart pense-tu te sauver ? Les transports de l'amour sauront le soulever ; Il faut qu'incessamment le lin se développe ï Ne cache pas tes pied^ , ton brodequin charmant. Qui va se dénouer sons la main d'un amant.

LÀ MÈRE

L'ardeur de ion époux réclame sa victime ; Vois comme son regard est d'ardeur transporté» Avec peine il me voit encore à ton cAté :

Il faut nous séparer , son ordre est légitime. Ma fille , comme toi » malgré mes vifs regret». Autrefois j'ai cédé sans m'en plaindre jamais»

LIYRE nt S99

l'époux

Eh quoi 1 crains «tu ma flamme » ft toi ma bien-aimée , Toi qui fais mon destin » et maîtrise mon cœur ? Parle , je t'obëis : tu verras mon ardeur Se cacher à ta voix dans mon ame enflamma.

Tolère mes regards -, mon approche et ma voix : Ne suis-,je pas l'amant honora de ton choix ?

l'epouse

O de mes premiers ans la compagne fidelle , Ma mère , mon amie et mou unique appui , Ne me délaisser pas toute seule avec lui 1 Je l'aime.... mais son œil de fiu'eur étincelle i S'il ose me braver près de votre secom*s , Quand vous serez absente où sera mon recours?....

..•. Elles partent , hélas 1 déjà l'instant s'approche Où je devrai braver un maia*e violent.*.J

l'époux Il n'est pas si, ten-ible » il n'est que ton amant Ce maître que tu crains , il sera sans reproche , Son pouvoir t'ajppartient , il t'est par lui remis : Plus il est amoureux » phis il sera soumis.

LA MERE

Adieu » ma fille > adieu jeune et timide femme » Sache enfin me quitter. Apaise tes soupirs ; Remplis si bien ton cœur dés solides plaisirs $ Que le vice jamais ne pénètre en ton ame.

l'epouse O ma mère , ma mère , attendez un instant ; Laissez-moi préparer un tel isolement.

3oo POÉSIES*

* Nmu sommes seols , 6 toi l'objet de nia tendresse. Vois l'eimemî cruel tomber à tes genoux....

Je suis ton serviteur autant que ton ëpoux I.... Seul but de mes désirs , sois-en seule maîtresse. Ton bcMihieur est le mien , ton vouloir est ma loi : Ah I pour bien m'obëir » dispose en tout de moi 1

LB CHOBUR

Autom* de ce logis , 6 nuit double ton cœsbre i Silence ëtendes-vous.... anrètes-vous passans ; Que les chœurs de musique » et les parfums d'encens , Troublent seuls aujourd'hui le ciel paisible et sombre. Aimons ; car dans l'abtme à jamais effaces , Nos jours tombent sur nous l'un sur l'autre entassa.

l'epovx

O que vous êtes belle » ft vous ma Uen-aimée » O que vous êtes belle , et que j'aime à vous voir ; Nulle tache sur vous ne peut s'apercevoir , La chambre oà vous restez est tonte parfumée. Venez : le lit d'hymen est tout couvert de fleurv; L'amour qui les causa calmera vos terreurs.

Semblable an mont superbe , est sa tête charmante » Aux fins tissus des rob , ressemblent ses cheveux ; A la source qu'on voit près d'un concours nombreux » Pareille est de ses yeux la pureté brillante. Du fruit du grenadier , l'aimable coloris.

Eclate sur sa joue où: se cachent les ris^

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