‹ PoésiesChapitre 2 sur 107 · A MES ENFANS · texte numérisé non relu

A MES ENFANS

KJ vous dont le bonheur nie console de toui , Vous , par qui je vivrai même apr^ le trépas , Chers eiifans^ c^est à vous que j'adresse ces vers. Savez -vous dans le cours de mes longues traverses , Souvent inteirompu par idft' vives sonfik'anoes , Quel espoir et quels vorâk soula(;eaient mes douleurs Je disais , en portant me^ regards jusqu'au ciel : Grand Dieu , lEûs <|nei mes maux profitent à mes filsl

4 LIVRE h

Avec ravissement je vois l*iiit oocapé Du légitime amour , de l'étude et des arts , Som'ces des seuls plaisirs qui nous sont départis » J'approuve sa bonté , ses nobles sentimens , La loyauté , l'honneur , une juste fierté.

J'aime dans sa compagne une amis tendre et pure , Une grâce naïve , un esprit cultivé , Et le touchant attrait que douie la vertu.

Louis m'offire , à son tour , une raison précoce » L'amour de la science» un ccBur solide et vrai. Profitez y chers amis , de ces trésors réels. Etre en réalité ce cpie l'on veut paraître , Aimer sincèrement l'ami que l'on recherche »

Agii* , vivre , et penser sans secrets et sans feinte , Est une politique aussi sûre qu'habile , Elle est la plus commode et du ciel avouée.

Elle est et fiit toujours la vAtre jusqu'ici'^ Sachez la pratiquer jusqu'à vos dermei'è jours. Tels que ces voyageurs daus^un pays nouveau.

Qui , prudens et pom*vus des secours nécessaires , Pénètrent dans les bois » écartent les obstacles , Et , sachant devant eux bien choisi]; les sentiers ^ Parviennent à* tracer un chemin praticable^ Et touchent sani malheur à l'issue éUignéel .

HeiiiHeux , qui prévéjant les maux de Paventr • A les bien recevoir s'apprête de bonne beorel Comme un vaillant guerrier » la veille du combat , Assemble activement ses armes préparées • Plus beureux si le ciel lui pennet » eu repos « De finir sa carrière exempt d'ambition , De troubles , de renom ; avec la seule gloire D'aùner son crëateur et d'en être approuviSt

Acceptes f. mes amis , ce mâange de vers « Avec , ou sans la rime » offert k vos regards. La rime , je le sab , a pour vous ces attraits Que Racine et Bdleau lui prêtèrent jadis; Mais » sans eux , sans l'appui de nos fameux poètes ^ La rime est un p<$dant wnné de la fërule »

Qui vient , k diaqne vers , marteler notre oreille « Et troubler l'harmonie , en voulant la forcer.

9]&ii(&ataii8<i

JL emme supérieure , 6 toi dont là nitoor,

La douce bienfaisance et le regard divin »

Inspirent à la fois le respect et ramoinr ;

Qoi , r^[nant doublement par toutes les vertus ^

Es des infortunés l'assure protecteur»

Dont la seule existence est un bienfait pour eux ;

Ne me reproche pas de vivre de prestiges » .

De me laisser bercer par de longues cfaimèiet.

Ahl si l'illusion est partout sur la terre , Dans nos biens , nos plaisirs , même dans nos d&irs , Si l'erreur vient troubler et trancher toute joie , J'en excepte du cceur les nobles mouvements ; J'en excepte l'amour , l'amitié véritables , Et l'admiration cpi'inspire la vertu ; J'excepte la candeur, l'ineffable bonté.

D'un cœur , comme le tien , trop pur pour cette terre.

J-aime & t'atttibaèr tout lé bien <ju« je vois , Jadis nos bons aïeux croyaient avoir près d'eux Un génie attentif h venir à leur aide ; Invisible et présent » il ëuit leur espoir.

Nous 9 chrétiens éclairés , reconnaissons aussi Dans un ange gardien un divin protecteur ; J'aime à croire comme eux à ta douce présence Toi , que je reconnais pour ange tutélaire.

L'automne «lir idée tt^ts sillonne son passage , Et mes rapides jours accélèrent leur cours , Comme un objet lancé qui retombe sur nous , Augmente sa vitesse eu approchant du sol.

Je me flatte pourtant» et j'attends le bonheur Promis à mes beaux jours.... tel un faible malade Avidement se Kvre aux remèdes nouveaux :

Il espère toujours qumque toujours trompé!

Quand sur l'humide bord de la plaine azurée , Au matin , je contemple et les mobiles flots » Et le navigateur content sur sa nacelle »

Que j'admire et chéris l'aurore printanièrel L'air caresse des champs la verdure et les fleurs , Le ciel pur et serem » découvrant l'infini »

Retentit des chansons des oiseaux i^àsseinblés » Tout respire la joie 6t Pèspmr et l'amour.

8 LHTiE I.

Mais bientôt aji zénith le soleil est mont^ , L'impétueux Âutau remplace le zéphir , Les flots qui doucement s'éteignaient sur la rive > S'ëlèvent maintenant l'un sur l'autre pressés, Lem* masse se courrouce et se brise ëcumante Sur l'imprudent nocber que l'aui*ore a trompé. Obi combien de débris ^ de naufrages ^ de morts , Termineront un jour si flatteur au matinl

La vie est wie énigme , un mouvant labyrinthe > Ou tout à nos regards e&| à dessein caché.

Vainement je deinstndjs à tout ce qui m'entoure Où suis-je? qpi'ëtes vous? et que suis^je moi même? Qui y dirigeant mes sens « excite ma pensée ? Un silence cruel est l'unique réponse.

Tout est sourd aux accents de mes justes désirs f Tout se rit de mes vœux comnie de ma douleur*

Ainsi l'aéronantCt en planant dans les airs.

Entend y à son retour vers ta sphère mobile » Un brait sourd et confus et croissant à la fois« Quel fleuve déboi*djé dans l'espace infini Peut produire un courant, invisible et réel ? Où se rendent ses flots ? quelle mer les reçoit ? Quelle source, là haut,,. prodigue , intarissable , A toujoiurs , pour donner , des alimens nouveaw^ ?

Là terre, mftlgrë mm, m'entraliie jouideaieiii Dans l'abyme de» airs > sur Pabjme de l'onde ; L'infini me coufoad par ce ciel sans limites , Et même par Pat&me ëchappaut aux regards* Si sur moi mime , alors , je ramène ma vue > Une omJbre errante et frile est tout ce que je v<ms , Tout est fragile en elle ; et , semblable k la flamme , Dans l'air qui la consume , elle brille et s'oint.

Etre d'wi seul instant • qu'on souffle peut abattre. Pourquoi vint-il au jour pour paraître et tomber ? L'honune fut-il créé pour s'éteindre aussitôt? Est-ce pour un objet si digne de pitié Que ce beau firmament se meut avec tant d'art ? Est-ce pour éclairer cet h6te des tombeaux.

Une poussière infecte et pâture des vers , Que verse le soleil des torrens de lumière ?

Que tes oeuvres , grand Dieu , smm dignes de louangel Notre admiration fie doit pas s'arrêter^ Quand tu ne cesses pas de produire pour nous Merveille sur mei*veille et bienfait sur bienfait. Soit qu'à l'aube du jour le soleil triomphant S'empare doucement de l'entier horiaon , Pàiètre le vallon , surmonte les palais , Où blanchisse le seuil de la mince cabane ;

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