‹ PoésiesChapitre 36 sur 107 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

J'admire le ctHirage et les mâles efforts Qui vous firent braver les Alpes et l'hiver»

Et seule , sans appui , comme une autre Mëd^e Vous dm : contre tout seule je me suffis.

Mais rester si longtemps dans l'ombre et le mystère » Aecueillir cent amans auxquels. vous souriez Et vous laisser aimer sans vous laisser connaître , N'est-ce pas être fausse et peut**èu*e encop. plus ?

Un beau jour vous enchante et semble vous toucher 1 1 1 C'est pour jeter partout des regards séducteurs , Quel bien attendez-vous de tant d'amans nouveaux , Puisqu'il finit tant de soins pour en garder un seul ?

Gomme le jeune faon k sa mère ëchappë Rase y imprudent » la plaine et s'âoîgne gaiment ; Il franchit les ravins et des pièges nombi*eux Jusques k l'embuscade où sa mort se prépare.

Telle vous me semblez parmi ces inconnus »

Confiante en des soins trompeurs , intéresses. L'horizon devant vous n'o£Ere aucun précipice • • • , Mais l'horizon qui suit vous est-il assuré ?

Revenez , revenez sur la noble carrière ; Reprenez un chemin k tort abandonné :

Ainsi le nautonnier , vers l'abîme entraîné , S'empresse de tourner sa voile en sens contraire.

izo POÉSIES.

Quand vos traiu endbanteurs sont dignes de toaânge, Votre cœur pourrait-il ue pas l'être aassi bien ? L'erreur et Pimpiëté doivent-elles noircir La beautë que le ciel fit pour être son temple 2

Hortense , ces travers ne seront pas les vt&tres., Le mal peut vous tromper « mais pour un seul im Âh I puissent constamment les vertus , la raison » Affermir un pouvoir créé par tant de charmes I

tSVBE DEUXISBOSt

ODESU

QiA SIKSX&V 3)11 S(tAI&mB<»

AMemUage éumnant Ae contrastes nombreux ,

Des plus aimables dons et des crimes aSreux »

vie i aveugle instina , quand pourTai-)e comprendre

Le secret qa'ici*bas nnl n'a su te surprendre ?

Que ne peut pénétrer notre faible raison I

Es-tu réalité > prestige » iUu^on ?

Faudra-t-il lenniner ma pénible carrière ,

Sans connaître jamais cette énigme première ?

Ahl pourquoi parais-tu dïuis ta froide rigueur ,

Une ombre au seul plaisir t un colosse ^ malheur ?

lia POÉSIES.

Et pourquoi nous offiîr en ta course incertaine , Ce mâange in^al d'espërance et de peine ?

Hier je t'adorais quand & mes jeunes ans , Perfide » tu n'o£Erais que des enchantemens I Méconnaissant tes maux » ton néant redoutable , Je recherchab en toi la source inépuisable »

Et du bonheur réel et des plaisirs parfaits : L'avenir s'avançait tout chargé de bienfaits I Mes vœux avec ardeur appelant un autre âge Pressaient la fin » hélas I d'un rapide passage I J'étais loin de savoir que dans la paix du cœur De l'enfance innocente exbte le bonheur I Que trop t6t revenu d'un aimable mensonge»

Je verrais mon priutems s'écouler conune un songe I Heureux qui dans le sein d'un entier abandon Sait prolonger le cours de sa jeune saison I Je t'aime en un beau jour alors que sans nuage , S'ofEre à mes sens ravis » k mon constant honunage , L'astre resplendissant de tout l'éclat des deux , Messager des bienfaits » des merveilles des Dieux 1 Lorsque de toutes parts il rend à la nature Son brillant appareil et sa verte ceinture , Que sa vive chaleur en changeant nos dimàts » Fait éclore les flem*s oiii gtssalent les frimats » La mer , la vaste mer alors n'est plus terriUe ; Elle ne couvre plus un précipice horrible ; Et l'orage et la mort enfermés dans son sem Paraissent exilés de Punivws serein.

U VUE II. ii3

La vagoe k pâlit bhiil par la vague ariêlfc « Se brise eo se foimarit fa3>leneut agitée , Et l'immense étendue en son comoiir profond Réfléchit en tremblant Fimmobile bomon.

Mais bélas l ces momens , si doux » si pleins de charmes » Nous mènent prompiement aux regrets t aux alarmes I Déjà î'avais compte la moitié de mes jours « Et des cbagX'in^ Véels avaient rempli leur cours ; En vain j'avais cherché dans ma folle dûmère Et l'amour véritable et l'amitié sincère 1 L'une s'offirlt k V¥À sous des traits imposteurs , Par l'autre j'éprouvai de mortelles douleurs. Faut-il donc ne connaître en ma perne profonde Que les vices , les inàux et le néant du monde ? Pourquoi , souvent disais- je « un hazard plus heureux Ne m'a-t*il point offert l'objet de tous mes vœux ? Faut-il qu'en d'autres lieux ce que je dierche existe ? Dois-je donc n'aimer rien tel qu'un vil 4%0'iste » Ou semblable au méchant^ digne sujet. d'horreur « Ignoxer d'être âÎBiié l'ineffable douceur ?

Un jour , soudain* nn )Our , au doux novk de Marie , Brilla pour moiTinstaut d'une nouvelle vie.

Je sentis à c^ nom le doux frémissement D'un plaisir inconnu. 9 d'un secret sentiment , Et mon çeeur répétant ce doux nom r en silence Paraissait devines et h&ter sa présence.

Quelle énjgme étonnante » h vie , est dans fou sem Cachée k tous les yeui| et cachée h dessein 1

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Que d'objets AitUren» dont la fquie faindkH|>nibl<f , ' A DOS sens trop bornes se montre inconcevable ï Elle vint ; à son port , sa câeste candeor »

Je reconnus l'objet qui séduirait mon coeur.

Parmi tant de beauté^ dignes de mon hommage , Seole , de ma chimère elle m'ofiiît l'imite ? De quel heureux transport mon cœur fut agite Quand mon pressentiment devint la vérité I Lorsqu'ëcoutant son ucmb redit par elle-même , L'amour qui m'embrasait rendit mon trouble extrême I Sa grftce à chaque pas , k tous ses mouveineiM Semblait accroître encore des charmes r^i^sans I Sa voix 9 sa douce voix et nsrïve et loiichante , ' ' Portait dani tout indu être uue joie innocente ; Son esprit natvrel / aimable $aiis Mat , Rendait le tnien plus; pur » plus vrai » fins cMicst.. Son regard enchanteur et vit et pur comme elle Semblait un pdiot venir d'une simple morieHe. La bonté , la candeur de tous se» sentimens » Se peignaient même au ton de ses mirindres iticet»^ Lorsque de ses parens éloigne dès l^en£â»ce»^ > L'orphelin délaissé n'a point eu eonnsaissaocev Si le sort quelque jour affaiblit ses regrets ^ •

S'il sait le nom des siens qu'il ne veyra )amaisv Il gémit, cependam loin du sol qu'il implore , Au nom de ses parens il petit sontiiie' encore i Comme lui de ma Vie obscurcie en «en coure. ^'■' ' Je voyais tout le chaipme éloigné pour toufCMoi^ i * *

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