‹ PoésiesChapitre 41 sur 107 · LIVRE IL î%i · texte numérisé non relu

LIVRE IL î%i

A travers l'onde q[u'îl sillonne , Le vaisseau glisse longuement ; La vague entr'ouverte frissonne , Et presse notre âoignement.

Bientôt de nouveaux flots jaillissent , Et s'accumulent en fureur .

Leurs sommets dans les airs blanchissent Brisés par l'aquilon vainqueur.

En vain l'abyme k leur naissance »

S'enfonce et veut les retenir :

Si de plus bas le flot s'âance Plus haut on le voit parvenir»

Puis il éclate sur ma tète »

Gronde et s'engoufire autour de moi ; La nuit redouble la tempête Agitant la mort et l'efEroi.

Dans la tourmente épouvantable , Que n'ose a£fronter mon regard , Un mugissement effiroyable Maudit et punit mon dëpart.

Je crois ouïr la voix céleste , Contre moi seul se courrouçant »

Me dire : sur la mer funeste , Inseipsé que vàs^tu cherchant ?

i!i6 POÉSIES.

ce Ne vois'Ca pas qu'au li^ger iewçc ce Ressemble ton sort fugitif?

ce Feime naguère en ta demeure tt Les vents emportent ton esquif I

ce Quoi i de la mer , abyme immense , ce Tu cherches le terme lointain ?

ce Mais aux lieux où son lit commence ce Du port n'ëtaisHu pas plus certain ? »

Ah i malheur h l'être vulgaire , Qu'entraînent de trompeiurs dësirs I Qui » poursuivant une chimère »

Laisse chez lui les vrais plaisirs I

Mais du bonheur parfait de l'âme , L'homme impatient 9 agité.

De l'avenir toujours rëclame »

Ce qui n'est qu'en l'éternité !

Je songe hélas I qu'à la même heure Mes amis rassemblés » hem'eux , Dans leur chaude et s&re demeure , Font pour moi les plus tendres voeux.

Tandis qu'errant hors la limite^ Que l'Eternel me prescrivit »

Je ressemble an cosmopolite , Ou bien au malheureux proscrit 1

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