‹ PoésiesChapitre 79 sur 107 · LIVRE Ht. a4i · texte numérisé non relu

LIVRE Ht. a4i

Méprise sa douleur et son rival heureux.

Du seul bras qui lui reste encor sain , vigoureux ,

Il an-ache au Prélat sa masse meui'trière.

Le saisit au collet et l'étend sur la teire »

Se plaignant comme un chat qui hurle au mois de Mars.

Mais ses guerriers à peine ont jeté leurs regards

Sur leiu: chef abattu » qu'il s'unissent en masse :

Entre les deux héros leur troupe enfin se place ,

Entoure le blessé d'un cercle protecteur

Contre ce nouveau Mars écumant de fureur.

Tel un troupeau surpris de génisses pesâmes-

Tomne contre des loups ses cornes menaçantes ,

En cercle bien serre , concentrant leurs efforts ,

Et tiennent malgré Ini leur ennemi dehors»

Le frémissant Lamour tom-ne alors son courage

Contre un autre emiemi trop digne de sa rage.

Sa femme » la beUe Anne , en un coin , sans mot dire ,

Obsei*vait en tremblant le héros en délire.

Il se tourne contr'elle et de son coin l'emmené ,

La saisît aux cheveux » sur la place l'entraîne ;

Et Ik publiquement devant un peuple entier

Il dévoile sa honte et son courroux altier :

ce Femmes , s'écria-t'-il , 6 sexe détestable t

« Observez comme on traite un épouse coupable.

Il souffleté à ces mots le visage si beau

De la belle qu'il jète après sur le carreau.

Soudain un cri d'hoiTeur de la place et des mes

S'élève avec éclat et monte jusqu'aux nues.

a 4a POÉSIES.

Les femmes sont en pleurs et veulent que d'abord

On leur conte d'Anna le malhem* ou le tort.

Le mari perruquier dans son counroux extrême

Sans peine , pai* ces mots , se diffame lui-même :

« Ma femme » cet bbj^t da mon constant amour ,

ce Que foi soigné la nuit , que /'adorais le jour ,

ce A qui j'ai conserva la foi la plus constante,

ce De l'indigne prélat est aujourd'hui l'amante.

ce Quand pour elle j'allais ou vaincre ou bien périr ,

ce Elle donnait mon front au Prélat à bénir 1 1

Le tumulte k ces mots erott avec violence.

Vainement on demande un instant de silence ,

Le peuple est en discord ; tous les bommes unis

En faveur d'une belle élèvent miUe cris*

Les femmes , de qui Page à l'amour les expose ,

De l'épouse accusée ont embrassé la cause.

Les vieiUes en courroux l'accusent hautement »

Et demandent pour elle un public châtiment.

Mais le héros outré que la fureur publique

Veuille lui commander sous son toit domestique ;

S'empare de sa femme et » malgré tout l'effort

Des partis réunis , il l'emmène d'abord ,

Traverse fièrement et la foule et la place ,

A sa porte en coun*oux il se pose et se place.

Au peuple qui l'assiège il ose déclarer :

Que sa femme est à lui qu'il en veut disposer.

Mais le bruit à ces mots devient épouvantable :

Le peuple , de gros mots l'injurie et l'accable,

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