LIVRE m
Le gros chanome Evraixl blessé , faible , éperdu» En voulaot se sauver demeura suspendu Sur la grille où sa bouche et son éuorme face Font, quand il se lamente « une horrible grimace : On vole à son secours ; doucement il descend » Sidi-ac en prend la garde avec empressement » Tandis que le Prëlat dans l'église s'avance , Avec zèle exerçant toute sa vigilance.
Conune après un assaut longuement disputé Un vainqoeiur orgueilleux promène avec fierté Des regai*ds triomphans sur sa noble conquête ; Tel , le vaillant Prélat » dans ce grand jour de fôte , Sur le temple soumis porte partout les yeux , Le parcourt mille fois ^ mais son œeil cui'ieux Recherche vainement le Lutrin que , naguère ; Sa troupe abandonna pour poursuivre la guerre ;
On ne le trouve plus quel téméraire bras
Aura pu l'enlever au milieu des combats ?
Pendant que le Prélat repose dans le temple , L'enuemi , loin de suivre un si facile exemple , Poussé par la Discorde , est prêt k l'attaquer. Le peuple se partage ; un parti veut l'aider ; Mais l'autre de la paix embrassant la défense Montre plus de raison et moins de violence.
Au dehors de l'église ainsi les deux partis Font retetnir les airs d'Injures et de cris.
Le Prélat étonné du bruit qui le menace , Brave un peuple en tumulte et parait sm* la place.
Mo POÉSIES.
Mais bieiit6t ses regrets Calent son courroux ,
En voyant sa compagne abandonnée aux coups
D'un ëpoux abuse par la foule vulgaire »
Des méchants et des sots » k la voix mensongère.
An transfuge Lamour II s'adresse en fureur :
Oses-tu devant moi paraître , Déserteur !
Lui dit-il 9 et coupable envers ta chaste épouse ?
I Gesse de l'outrager dans ta rage jalouse
Il ne peut à ces mots rien ajouter de plus ,
Le vaillant perruquier , sans discours superflus ,
Sur son rival altier fond et se précipite ;
Et son bâton noueux, que dans l'air il agite
Part et rapidement vole sifiQe et s'abat
Sur le bonnet carré du florissant Prélat »
Qui y du coup étourdi , d'abord tourne et chancelle »
Sa tète est entr'ouverte auprès de la cervelle.
Avec rage il se voit tout couvert de son sang »
Il tombe de douleur , de douleur rugissant ;
Mais bient&t se relève et , par un coup insigne ,
La masse qu'il portait , de son rival indigne
Vient meurtrir le gros bras qui tombe sous son poids »
Lamour » le fier Lamom* » pâlit et perd la voix.
Comme un fier précepteur dans une jeune école
Punit facilement l'insultante parole
Et fier de son pouvoir » renverse sans effort
L'indocile écolier qui succombe d'abord.
Tel se montre bient6t à riposter rapide
Le vaillant pen*uquier dont le cœur Intrépide