‹ PoésiesChapitre 81 sur 107 · LIVRE m. a4S · texte numérisé non relu

LIVRE m. a4S

Ses valeureux soldats dispersent usëment Les chanoiaes en fuite enivres vainement; Ainsi l'on vit jadis de l'absence d'Achille . Les troyens profiter au dehors de leur ville ; £t , prenant vers la mer un invincible essor , Renverser tous les grecs , sous l'^de d'Hector. Ou tel (m voit encor ce peuple domestique Qui ronge le grenier» la cave et la boutique » De son gîte sortir s'il sait que Rodilard Trotte loin du logis ou loin dé son regard, La place ne pouvait contenir qu'avec peine Le peuple » les partis , que la discorde entraine. Les fenêtres , les toits , les balcons , les greniers » Sont pleins de spectateurs , et les nombreux guerriers Qoi se pressent partout , avancent ou reculent Semblent des flots mouvans que les vents accumulent» An nombre des premiers on distinguait d'abord , . Une vieille marquise , au ton rauque et discord , Qui d'Anne condamnant les succès et la vie , L'accusait de délits que la plus noire envie Pouvait bien inventer mais npn pas soutenir.

Placée à son balcon on l'entendait frémir.

Un parti l'écoutait , mais un parti conti^aire Venant à succéder fîit pour elle sévère.

11 se trouvait formé des nombreux jeunes gens Qui de la perruquière étaient les partisans.

£t qui ^ fiers de briller sous les yeux d'une belle , Etalaient à la fois leur bravoure et leur feèle.

Commeitt peindre , grand Dien t la foreur , les tniveri ,

D'une nuit de combats , les succès les revers I

Hâas 1 les alentours de la sainte muraille

Semblent itre plutôt ceux d'un champ de bataille»

Et les femmes surtout font paraître l'aigreur

Qui se mêle toujours à leur courte fureur.

Le prëlat et les siens et plus loin les chanoines

Sont en ordre rangés , soutenus par des moines ,

Et des enf ans de chœur le timide escadron

Est en deux parts groupé sur le sacré perron ;

Tandis que tout autour , les vieillards et les vieilles

Regardent en grandant et tendent les oreilles.

De toutes parts ainsi se mêlent à la fois

Des. injures > des coups ^ les éclatantes voix ;

L'un à l'antre répond , l'un sur l'autre s'acharne.

Du toit le plus altier à l'éti'oite Lucarne*

Enfin » tout est en trodi>le et vaincus et vainqueurs :

Dieu lui seul « peut prévoir la fin de timt d'horreurs l

Hélas I pourquoi faut-il qu'en cette conjonctui'e

La vérité m'oblige à conter l'aventure

De la vieille marquise et de ce jeune enfant

Du généreux prélat prot^ constamment!

A travers miUe £eux Sidr^ voit la marquise

Criant sur son balcon , d'un fier courroux éprise »

Avec Anne insultant les hommes , le prélat.

Excitant à la goeire et pressant le combat.

Cette vieille voulait dans sa rage brutale

Qu'un châtiment public fit honte à sa rivale v

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Et que ses partisans , par les verges pttiiis » toussent de cette sorte en leur bon sens remis. Mais Sidrac lui demande avec sa voix cassée Si d'agir de la sorte elle est asse£ osëe ?

EUe que le public « par un bruit mensonger , A tent^ si souvent d'atteindre et d'outrager. N'a-t'-on pas , luit dit-il , pousse la médisance , L'affreuse raillerie et même l'impudence , Jusqu'k dire qu'un jour au Prélat votre amant Vous fites le cadeau d'un très aimable enfant. La marquise » à ces mots » de fureur écumaiite Descend , sort dans la me , en desordre et tremblante. Elle veut se venger , et fond sur le vieillard Les deux bras ëlevës , avec un œil bagard.

Deux valets l'ont suivie > avec eux la soubrette , Et tous trois sont témoins d'une prompte défaite. Guillaume les repousse et raille le premier.

Avec un air malin , non poli non grossier i ce Assommons , leur dît-il » quand madame t'ordonne , ce Une femme , an vieillard et toute autre persionne , ce Qui. médit d'une vieille -et lui donne un galant ce Mérite bien la mort on du moins le carcan 1 Au discours de Guillaume on voit la populace Rire de la marquise et lui céder la place.

Celle-ci , qui rougit et pfllit tour-k-tour , Pour rentrer k l'hfttel ne. peut se faire jour.- Malgré le faux respect de la foule traitresse»> Qui tout autour ondoyé et recule et se pi*es$e.

La marquise a tenté de percer vàinemetit i

Ce grand cercle qui s'ouvre et ferme incessaittiiieifC«

Mille fois devant elle on présente un passage

Qu'on refenne aussitôt pour prolonger Poutrage*-

Ainsi, quand des soldats entr'ouvrent leurs deux ra^gs,

£n parade , et couverts des guerriers ornemens ,

Si , pendant qu'on attend le géiiéral suprême ,

Le timide barbet vient k s'offrir , de même ,

11 est par mille cris assailli , pourcbassé ,

De l'un à l'autre bout tour-k-tour repoussé.

Non contentes des torts d'une telle défaite

Les femmes à l'envi maltraitent la soubrette ,

Dont les habits tout neufs » le fichu » les cheveux ^

Son chiffonnés et mis dans un désordre affreux.

Les valets , loin deià , demeurés en arrière »

Reçoivent mille coups de ce peuple en colère*

Mais il faut admirer comment le ciel vengeur

Punis rapidement l'injustice et l-horreur 1

Piendani que la soubrette a perdu sa parure ,

Elle est par un seul moi « vengée avec usure.

Guillaume f Iw dit elle ; .enfant trAtere et méchant ,

Triomphe , si tu veux , mais sache ^ cependant ^

Que la marquise , ici , de la sorte. outragéef»

Malheureux I est ta mère et n'e^t que trop veagëe.. ^

Guillaume lui répond en criajtit et surpris: '

Grand Dieu! que dites-vous ? quoM )ç serais son filst

Le trouble a|t augmenté grâce à cette, nouvelle ;

A la conter par-tout chacun montre scu «èle.

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