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UVRE III

Le peuple voit le chantre , en riant le contemple » Applaudît I et de cris fait retentir le temple. Mais promptément succède k ce chant solennel Un murmive criard « un rire universel.

Le public ne sait point se diriger 4ui-mème } £t toujours d'un extrême il tombe en l'autre extrême. Quand le chantre n'est plus par le Lutrin cache On se rît de son œil qui paraît tout poché , De sa mine grotesque et de la noire bande Qui couvre sa hlessm'e et se meut s'il gourmande. Lamoor , le fier Lamour « k c6 bruit scandaleux » S'avance vers le peuple » et son bâton noueux Que 9 tour-à^tonr , dans l'air il retowne ou qu'il lance , Impose aux plus matinis la crainte et le silence. L'on vit dans ce -moment s'empresser' vêts le chœur Anne avec la marquise , arrivant en fureui* ; Près du prâat bientôt se trouve chaque belle ; Et le malin hazard auprès d'elles appelle Guillaume > par le toit naguère parvenu , Cet enfant- du prélat parfaitement connu.

En les voyant tous ti'ois près du Prélat unis Le public en sifflant jette de nouveaux cris. Mêoaie du grand Lamour on se joue ^t se raille » Mais ce héros dédaigne une telle canaille , Et d'Anne , ^otir prouver le prix et les vertus Il l'embrasse aux regards des spectateurs confus, ce Eh I quoi'l disent :ceux*ci , tu Taimes et carei>se « Après l'avoir nommée infidèle et traîtresse ? ,

ce Quand ta bouche en public l'accusa hautement

a D'un dâit qu'<»i punit du plus grand châtiment ;

ce Ta femme, 6 perruquier , est galante ûeSée

t€ Mieux que par toi ta tète est par elle coiffée.

Le héros à ces mots déjà va se lancer

Sur la foule qui vient ainsi de l'offenser.

Quand Anne , qui prévoit les excès de sa rage ,

Au devant de ses coups se porte avec courage.

11 la reçoit tremblante au milieu de son bras :

Et ce doux poids entrave et ses coups et ses pas.

ce Rendez grâce » dit-il , à ce nœud qui m'enchaîne ,

ce Car sans lui voti*e audace aurait reçu sa peine*

ce Canaille » apprenez tous que ma femme est à moi ;

ce Que je suis seul son juge , et lui fais seul la loi.

et Lamonr tordra le col et le tordra sur place

ce A qui de l'accuser aurait encor l'audace.

ce Un mari sait lui seul ce que sa femme vaut ,

a Et dès qu'il la protège , elle est sans nul défaut.. ..

Le gros chanoine Evrard perdant la patience ,

Interrompt ce discours et vivement s'avance :

ce Amis y s'écna-t-il , les combats sont finis ;

ce La disette avec eux ; allez , soyez bénis.

ce Demain vous reviendrez pour prier de bonne hernie »

ce Que chacun jusque-là rejoigne sa demeure.

ce Nous autres , nous allons d'accord et de bon-gré,

ce Quoiqu'un peu tard hélas I au dtuer pféparé.

ce Gi*âce soit donc rendue au magistrat louable

ce Qui fait cesser la guerre et la faim détestable.

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