‹ PoésiesChapitre 89 sur 107 · LIVRE lit · texte numérisé non relu

LIVRE lit

Chaque parti de l'antre accepte le messine ; De paix et de hooté l'on reprend le langage.

On parle de s'entendre et se mettre d'accord j Chaque parti choisit deux dëputës d'abord.

D'ui^e part on désigne et Sidrac et Boisrude , De l'autre Alain » Fabri » oëlèlM*es par l'ëtude. Une étroite poterne est ouvertd aux derniers , Qu'en armes on reçoit» tels que des prisonniers. Le lieu de l'asseml)!^ esc dans la sacristie » Où I!on convient d'abord d'nne entière amnistie. Puis , an chantre on prescrit de ne point renverser Le Lutrin qu'un rival fit tantôt âeVef ; £t dès que le publie aura vu sa victoire , On veut que le PréUt dédaigne une autre gloire ; Que des respects du chantre il se montre content , £t qu'il fasse enlever le pupitre à l'instant. Comment un- changement si prompt , si favorable » A-t-il pu sVjpérer sur la troupe intriiitable De ces guerriera sacrés pleins de rage et d'orgueil ? C'est que l'aimable paix'dae^our de Montreuil Doucement s'établit tout autour de l'élise.

.La foule à son pouvoir elle même est soumise. C'est un air salutaire , un calme bienfaiteur > Qui passe , malgré soi ; danb le -sein' et- le cœur. Telle on sent du printenàs l|i douce et fraîche haleine Apaiser de l'hiver et i'aigiwm* et la gène.

Faussement Ifon assure 'et répète toujours Que le besoin irigvir^es\:c»uiis et lés discours :

a?» l^OÉSIES.

N'est-ce point pur la faim qa'im coursier iadoaiptaU^

Devient pour toute main souple» soiunis , traitaUe ?

La paix » l'aimahle paix peut«-(tre » en ce momei^t ,

La paix eut prodigué ses efforts vainement y .

Si y par un pur hasard ou par quelque malice g

L'on n'eût ouvert. alprs une pojrte propice»

Qui y des caves laissant pénétrer les vapeurs ,

Apportait d'un festin les suaves odeurs.

C'est ainsi qu'un bonbon , bu qu'un jouet futile »

Asservissent d'abord le poupon indocile.

Nous sommes » quoiqu'on dise et qu!on fasse.^ des, gens

Débiles à tout âge et constanunêkit enfants.

La Discorde » .en sifflant de douleur et de rage ,

Apprend de Lamoignon les suc^s et Ponvri^. .

E le court de la foule éveiller le transport

Et tente pour la giiente encçre un Autre eSbrt« . .

Aussitôt , de l'^li^ on demande l'entrée »

Et l'on veut qu'en public se tien<ie. l'assetnUée»

A ce vœu , vsans succès # t^'cqiposent des partis .

Les deux chefs généreux; leiuiânlte et.les cris

L'emportent cependant >. on tlbéit ». on ouvre .... .

Le chantre arrive an choeur. •...mais à:p^e il déoowvie,

De l'œil q^i voit encore » un Lutrin couronné ...

Etabli largement et niAm^ fealoi^ ,

n appelle ses gens et leur parle en' colère ;

Déjk tout annonçait nue nouvelle .g!«erre ,. mi .

Quand partout.se répand h souSi.e,de la pain f . . .

La Discorde l'évite et fuit hors du paliûji*

LIVRÉ III. , a;^

Le perruquier tamour , en héniê vëriuble ,

Contient de §cs guerriers la foogue redoutable.

Ses gestes et son air secondant ses transports

II calme les matins par aes heureux efforts.

ce Compagnons , leur dit-il » ni ma voix ni ma boucbe

ce Ne craignent dn Prélat la voix et l'air farouche ;

ce Les combats ont appris au sacré séducteur

ce A connaître , en ce jour , de l'Hymen le vengeur ;

ce Mais pour aide la paix a le besoin perfide;

ce Que peut le plus grand cœur si l'estomac est vide ?

ce Amis 9 en cet instant on vient de m'annoncer

ce Qu'aux frontières , pour nous , sont prêts k s'avaucer

ce Deux cents chars de pain blanc et deux cent de fai-iue ;

ce Les makchës vont s'ouvrir sur la place Dauphine

ce Sitôt que les deux chefs » par leur embrassement «

ce Auront enfin conclu ce juste arrangement.

A ces mots si flatteurs , la faim , la faith vorace ,

Chez ces vaiUans guerriers de l'honneur pt^end la place.

Chaque voix » à l'envi » s'âève pour la paix ;

On la veut à l'instant , on la veut k jamais.

Ceux même qui tantôt ne voulaient que combattre

Et cherchaient le Lutrin pour l'êter et l'abattre »

A ces mots si puissans s'apaisent tout d'abord »

Et pressent le moment d'un nécessaire accord.

Telle , prompte , hardie et volage imprudente

Se montre trop souvent la coquette galante ;

Et tel se montre encore en sa l^ère humem*

L'en(ant, au même instant , caressant et boudeur.

a74 POÉSIES.

ÂussilÀt qu'on apprend cet accord admii'able , Toute issue est ouverte k la foulé inncmbrable. Les quatre députés , en ordre merveilleux , Font ranger les gueriiers et le peuple après eux» On entr'ouvre le choeur h. la foule empressée , Qui demeure à Feutrée attenûre et pressée.

Elle voit à sa gauche » en habits de combat » Orgueilleux et pensif, le valeureux Prélat.

A la droite , on entend que le chantre se trouve » Pressé par le Lutrin et la faim qu'il éprouve. A leurs postes divers » les chanoines debout Promènent leurs regards sur la foule et sur tout. Les chantres , fièrement , d'une telle journée Font honneur du succès » moins k leur destinée , Qu'a leurs droits reconnus , smtout à leur valeur. £t les tendres enfans qui servent dans le chœur ]!)emeurent auprès d'eux interdits , dans l'attente , Pressant leur estomac qu'un long repos tourmente. Le sacristain Boisrude est debout d'une part ; Son bras retient la foule en arrière , à l'écart ; Et de l'autre côté , de sa haute stature Lamour étale aux yeux l'imposante posture.

Le pupitre surtout se présente aux regards Triomphant , festonné , loué de tontes parts. Tout-à-coup le Prélat au Lutrin s'achemine Modeste et triomphant dans sa joyeuse mine.

11 rejoint son rival , et d'un brasgénérenx Ote le fier Lutrin qui le cachait aux yeux.

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