LIVRE lit
Chaque parti de l'antre accepte le messine ; De paix et de hooté l'on reprend le langage.
On parle de s'entendre et se mettre d'accord j Chaque parti choisit deux dëputës d'abord.
D'ui^e part on désigne et Sidrac et Boisrude , De l'autre Alain » Fabri » oëlèlM*es par l'ëtude. Une étroite poterne est ouvertd aux derniers , Qu'en armes on reçoit» tels que des prisonniers. Le lieu de l'asseml)!^ esc dans la sacristie » Où I!on convient d'abord d'nne entière amnistie. Puis , an chantre on prescrit de ne point renverser Le Lutrin qu'un rival fit tantôt âeVef ; £t dès que le publie aura vu sa victoire , On veut que le PréUt dédaigne une autre gloire ; Que des respects du chantre il se montre content , £t qu'il fasse enlever le pupitre à l'instant. Comment un- changement si prompt , si favorable » A-t-il pu sVjpérer sur la troupe intriiitable De ces guerriera sacrés pleins de rage et d'orgueil ? C'est que l'aimable paix'dae^our de Montreuil Doucement s'établit tout autour de l'élise.
.La foule à son pouvoir elle même est soumise. C'est un air salutaire , un calme bienfaiteur > Qui passe , malgré soi ; danb le -sein' et- le cœur. Telle on sent du printenàs l|i douce et fraîche haleine Apaiser de l'hiver et i'aigiwm* et la gène.
Faussement Ifon assure 'et répète toujours Que le besoin irigvir^es\:c»uiis et lés discours :
a?» l^OÉSIES.
N'est-ce point pur la faim qa'im coursier iadoaiptaU^
Devient pour toute main souple» soiunis , traitaUe ?
La paix » l'aimahle paix peut«-(tre » en ce momei^t ,
La paix eut prodigué ses efforts vainement y .
Si y par un pur hasard ou par quelque malice g
L'on n'eût ouvert. alprs une pojrte propice»
Qui y des caves laissant pénétrer les vapeurs ,
Apportait d'un festin les suaves odeurs.
C'est ainsi qu'un bonbon , bu qu'un jouet futile »
Asservissent d'abord le poupon indocile.
Nous sommes » quoiqu'on dise et qu!on fasse.^ des, gens
Débiles à tout âge et constanunêkit enfants.
La Discorde » .en sifflant de douleur et de rage ,
Apprend de Lamoignon les suc^s et Ponvri^. .
E le court de la foule éveiller le transport
Et tente pour la giiente encçre un Autre eSbrt« . .
Aussitôt , de l'^li^ on demande l'entrée »
Et l'on veut qu'en public se tien<ie. l'assetnUée»
A ce vœu , vsans succès # t^'cqiposent des partis .
Les deux chefs généreux; leiuiânlte et.les cris
L'emportent cependant >. on tlbéit ». on ouvre .... .
Le chantre arrive an choeur. •...mais à:p^e il déoowvie,
De l'œil q^i voit encore » un Lutrin couronné ...
Etabli largement et niAm^ fealoi^ ,
n appelle ses gens et leur parle en' colère ;
Déjk tout annonçait nue nouvelle .g!«erre ,. mi .
Quand partout.se répand h souSi.e,de la pain f . . .
La Discorde l'évite et fuit hors du paliûji*
LIVRÉ III. , a;^
Le perruquier tamour , en héniê vëriuble ,
Contient de §cs guerriers la foogue redoutable.
Ses gestes et son air secondant ses transports
II calme les matins par aes heureux efforts.
ce Compagnons , leur dit-il » ni ma voix ni ma boucbe
ce Ne craignent dn Prélat la voix et l'air farouche ;
ce Les combats ont appris au sacré séducteur
ce A connaître , en ce jour , de l'Hymen le vengeur ;
ce Mais pour aide la paix a le besoin perfide;
ce Que peut le plus grand cœur si l'estomac est vide ?
ce Amis 9 en cet instant on vient de m'annoncer
ce Qu'aux frontières , pour nous , sont prêts k s'avaucer
ce Deux cents chars de pain blanc et deux cent de fai-iue ;
ce Les makchës vont s'ouvrir sur la place Dauphine
ce Sitôt que les deux chefs » par leur embrassement «
ce Auront enfin conclu ce juste arrangement.
A ces mots si flatteurs , la faim , la faith vorace ,
Chez ces vaiUans guerriers de l'honneur pt^end la place.
Chaque voix » à l'envi » s'âève pour la paix ;
On la veut à l'instant , on la veut k jamais.
Ceux même qui tantôt ne voulaient que combattre
Et cherchaient le Lutrin pour l'êter et l'abattre »
A ces mots si puissans s'apaisent tout d'abord »
Et pressent le moment d'un nécessaire accord.
Telle , prompte , hardie et volage imprudente
Se montre trop souvent la coquette galante ;
Et tel se montre encore en sa l^ère humem*
L'en(ant, au même instant , caressant et boudeur.
a74 POÉSIES.
ÂussilÀt qu'on apprend cet accord admii'able , Toute issue est ouverte k la foulé inncmbrable. Les quatre députés , en ordre merveilleux , Font ranger les gueriiers et le peuple après eux» On entr'ouvre le choeur h. la foule empressée , Qui demeure à Feutrée attenûre et pressée.
Elle voit à sa gauche » en habits de combat » Orgueilleux et pensif, le valeureux Prélat.
A la droite , on entend que le chantre se trouve » Pressé par le Lutrin et la faim qu'il éprouve. A leurs postes divers » les chanoines debout Promènent leurs regards sur la foule et sur tout. Les chantres , fièrement , d'une telle journée Font honneur du succès » moins k leur destinée , Qu'a leurs droits reconnus , smtout à leur valeur. £t les tendres enfans qui servent dans le chœur ]!)emeurent auprès d'eux interdits , dans l'attente , Pressant leur estomac qu'un long repos tourmente. Le sacristain Boisrude est debout d'une part ; Son bras retient la foule en arrière , à l'écart ; Et de l'autre côté , de sa haute stature Lamour étale aux yeux l'imposante posture.
Le pupitre surtout se présente aux regards Triomphant , festonné , loué de tontes parts. Tout-à-coup le Prélat au Lutrin s'achemine Modeste et triomphant dans sa joyeuse mine.
11 rejoint son rival , et d'un brasgénérenx Ote le fier Lutrin qui le cachait aux yeux.