LE DANSEUR BATHYLLE
Ce n'est pas le tribun, rhomme«au pouvoir hautain, Qui d'un mot de sa bouche arrête le destin,
Ni l'édile aux dons magnifiques, Ni le riche patron, de qui mille clients Autour de la sportule humbles et suppliants
Sans cesse assiègent les portiques.
Si Métella soupire et n'a plus de sommeil, Ce n'est point le soldat bruni par le soleil
Qui trouble sa nuit inquiète, Ni le poète grec aux vers ingénieux, Ni l'esclave gaulois, prince par ses aïeux,
Qui porte une urne sur sa tète.
L'image qui bondit sous ses yeux enflammés, C'est le danseur Bathylle, aux cheveux parfumés,
Bathylle aux poses languissantes, Bathylle qui s'envole, et qui glisse, et qui fuit, Et fait battre le cœur des matrones, au bruit
De ses cymbales frémissantes.