‹ PoésiesChapitre 27 sur 65 · LE DANSEUR BATHYLLE · texte numérisé non relu

LE DANSEUR BATHYLLE

La belle Métella, femnie du vieux préteur, Est pâle maintenant, et porte dans son cœur

Un mal secret qui la déchire ; Par le bois d'orangers qui borde sa villa, Elle marche au hasard, la belle Métella,

Comme une bacchante en délire.

Pour sonder jusqu'au fond l'avenir incertain, Vingt lois l'urne d'albâtre où roule le destin

Sous ses doigts tremblants s'est vidée ; Et vingt fois Métella, chez les magiciens, A mêlé, dans la nuit, les sorts campaniens

Aux enchantements de Chaldée !

Elle aime, et ce n'est pas le chevalier romain,

Bien qu'il soit jeune et fier, et qu'il presse, en chemin,

Une cavale au frein sonore, Qu'il ait sa place au cirque, auprès des sénateurs, Que sa bague étincelle, et qu'au jour des honneurs,

D'olivier son front se décore !

Ce n'est pas le consul, au long manteau rayé Si beau qu'à son aspect, du peuple émerveillé

Tombe le murmure frivole, Alors que précédé du licteur éclatant, Avec sa robe blanche, il balaye, en montant,

Les blancs degrés du capitole !

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