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Ils viendront, ils viendront, quand, sur la capitale, Soufflera mollement la brise orientale ; Quand, sous sa mitre d'or, le pâle citoyen Traînant par le forum sa démarche indolente, Secoùra les parfums de sa robe volante, Comme un satrape assyrien.
Ils viendront quand, la nuit, l'impériale orgie Jettera sous- les deux sa lueur élargie Ou de sa chaude haleine embaumera les mers; Et tu t'éveilleras, et ton ombre sacrée Viendra planer parfois sur les rocs de Caprée, Au bruit des nocturnes concerts.
0 martyr des festins ! le luxe d'Italie Vengera largement ta mémoire avilie, Et tu pourras surgir de la poudre du sol, Le jour où fumera, sur la table romaine. Un sanglier sauvage, à la sauce troyenne, Plein de langues de rossignol.
A UN BKFANT
Enfant aux cheveux blonds que le rire accompagne,
Ne vas pas, ne vas pas jouer sur la montagne,
Et ne quitte jamais le seuil de ta maison,
Pour suivre les troupeaux à la molle toison ;
Reste, petit enfant, reste auprès de ta mère,
Car ce serait pour elle une douleur amère,
Et les nymphes, tes sœurs, gémiraient bien longtemps,
Si, voyant tes yeux bleus et tes cheveux flottants,
118 FESTONS F. T A S T R A G A L F s
L'aigle, de Jupiter le messager fidèle, Sur ton front qui s'étonne abattait sa grande aile, Et, malgré ton effroi, t'emportait jusqu'aux deux. Pour verser le nectar dans la coupe des dieux !