‹ PoésiesChapitre 32 sur 65 · CIGOGNES ET TURBOTS · texte numérisé non relu

CIGOGNES ET TURBOTS

Au retour des combats, après quelque victoire, Leur nef jetait au port sa cargaison de gloire, Tétrarques, chefs vaincus, étendards en lambeaux... Mais ils se trompaient tous, honneur à toi, grand homme ! Ta voile triomphante a rapporté dans Rome Des cigognes et des turbots !

Plus fort que ce marin dont le croc d'abordage Kventrait à grand bruit les vaisseaux de Carthage, Aux hérissons de mer tu lanças tes réseaux, Et, conquérant gourmet, ceint de myrte et de lierre. Avec tes cuisiniers tu parcourus la terre, Pour assiéger des nids d'oiseaux !

Rome alors, 6 Rufus, méconnut ton génie, Et l'on dit que le peuple, avec ignominie, Refusa la préture à tes vœux obstinés... Mais que t'importe, à toi, le bruit que fait la foule9 Sa rumeur éphémère est un flot qui s'écoule, Tes beaux jours ne sont pas sonnés !

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