CHRONIQUE DU PRINTEMPS
Savez-vous, gens de Paris, Dont on voit les faces ternes Sous des arbres rabougris Où fleurissent des ianternes,
Quand, au long des boulevards.
Vous assiégez d'une lieue Les gros drames, ces renards Dont l'été coupe la queue!,..
Savez-vous que le bon Dieu, Chassant la brume morose, Sur la toile du ciel bleu Brosse un printemps vert et rose?
Silence a vos cris d'enfer !
Qu'on se flatte ou qu'on se morde, Les scandales de l'hiver Sont usés jusqu'à la corde.
Oyez ! j'apporte des bois, Où tremblottent les rosées, De quoi défrayer six mois Vos chroniques épuisé—.
Les nids vont bien, les boutons Sont faits sur de bons modèles; On a vu des hannetons, On attend les hirondelles.