FLUX ET REFLUX
Toujours, dans son grand lit d'algues et de corail. L'océan, sous les deux, fait osciller ses ondes, Tantôt poussant au bord les vagues en travail, Tantôt les refoulant dans ses cryptes profondes !
La lune sourit d'aise à son balcon nacré, Elle guide, d'en haut, ces ardeurs inquiètes, Et caressant le monstre au poitrail azuré, Lui jette, pour licou, son écharpe à paillettes !
— 0 lune, la beauté qui connaît ma douleur, Comme toi, sur les flots, se penche sur ma vie : Elle est douce et terrible, et, selon son envie, Tait descendre ou monter les vagues de mon cœur !
LA LOME
Marcia, la vieille louve, Au fond de son antre couve • Plus d'une jeune beauté, Et, quand la rue est obscure, Répand au loin, dans Suburre, Son fol essaim qui murmure Par les chaudes nuits d'été!
Elle a la belle Grecque, enivrante sirène, La fille de Lesbos aux soupirs cadencés, Qui suspend ses doigts blancs a sa lyre d'ébène, Et danse aux carrefours la danse ionienne, Avec un bandeau d'or sur ses cheveux tressés!
Elle a l'ardente Latine, Oui sous une mitre incline Son front bruni du soleil, Nymphe au sourire magique, Glissant sous le blanc portique, Avec sa fauve tunique Et son brodequin vermeil !
Elle a pour nos plaisirs, la Gauloise superbe, Le front ceint de gui pâle, aux feuillages amers ; Son pied nerveux bondit sans faire plier l'herbe ! Ses longs cheveux épars semblent l'or d'une gerbe. Et son regard farouche est bleu comme les mers !