ODE I
Le bonheur des justes et le malheur des médians.
MoiVDE , séjour du crime, heureux qui te déteste, Et ne s'est point assis dans la chaire funeste Oii préside l'impie avec un ris moqueur! Heureux qui pour Dieu seul, plein d'amour et de crainte, Loin de toi , nuit et jour médite la loi sainte , Délices de son cœur!
Tel un arbre qu'arrose une onde toujours pure, Ornement du rivage , amour de la nature , Fait espérer les fruits qu'il donne dans leur temps; Sa promesse est certaine, et sa feuille immortelle N'a rien à redouter de la rage cruelle Des hivers et des vents.
Il n'en est pas ainsi de la race coupable. Il n'en est pas ainsi de l'éclat peu durable Qu à nos yeux éblouis font briller les médians : Le temps dissipera cette grandeur si fîère, Comme le tourbillon dissipe la poussière Qui vole dans nos champs.
Eh ! que deviendront-ils, quel sera leur refuge Au dernier jour du monde, où le souverain juge, Ainsi que nos vertus , doit compter nos forfaits? Lorsqu'il viendra des cœurs percer le sombre abîme , Les justes brilleront, et les enfans du crime Périront pour jamais.