ODE X
L'miiou (le Jésiis-Christ et de l'EtJflise.
Tout mon cœur s'enflammo et bouillonne,
Impatient de retenir
Ce que l'esprit divin m'ordonne
De révéler à l'avenir.
La fureur sainte qui m'anime
M'inspire un cantique sublime
Qu'à mon prince je vais chanter :
Ma langue, fidèle interprète.
Avec rapidité répète
Ce ({ue le ciel veut me dicter.
O le plus beau des fils des hommes ,
Chef favori du roi des rois.
Qui, seul de tous tant que nous sommes,
Lui parus digne de son choix !
Héros que doit craindre la terre,
Ton char est prêt : pars pour la guerre ,
Prends ton arc et tes traits vainqueurs.
Que dis -je! Te faut- il des armes?
N'es - tu pas certain que tes charmes T'assujettiront tous les cœurs?
Afin que tout genou fléchisse,
Montre -toi dans ta majesté,
Et fais connoître ta justice
A qui méprise ta honte.
Parois, et de tes mains puissantes
Eais voler tes flèches perçantes
Dans le sein de tes ennemis.
Non , non : déjà , sans les attendre ,
A tes pieds ils viennent se rendre;
Et l'amour te les a soumis. ^
Monarque , seul digne de l'être, O Dieu , ton trône est éternel ; Ta couronne est celle d'un maître Dont le pouvoir est immortel.
Ton sceptre est la justice même; La sainteté ton diadème; C'est le ciel qui t'a sacré roi ; H a sur ton front adorahle Versé l'onction ineffable Qui n'étoit faite que pour toi.
L'ambre , l'aloës et la myrrhe Parfument tes palais charmans ; Tout ce que l'Arabe respire S'exhale de tes vêtemens.
De nos plus lointaines provinces
Les filles des rois et des princes Viennent contempler à ta cour L'auguste reine qui partage Et ton empire et notre hommage, Brillant objet de ton amour.
() fille tendrement chérie, Maintenant je m'adresse à vous :
Oubhez parens et patrie Pour ne songer qu'à votre cpoux; Que votre douceur le captive.
Et ne soyez plus attentive Qu'à lui plaire et qu'à l'honorer!
Il est le souverain suprême; Votre maître, votre Dieu même :
Tout l'univers doit l'adorer.
Les plus grands potentats du mond Vont devenir vos courtisans :
Dans une humilité profonde Ils vous offriront leurs présens.
La beauté vaine et passagère N'est point en vous ce que révère Un cœur de vous seul enchanté :
Votre vertu fait votre empire.
C'est dans votre ame qu'on admire Votre véritable beauté.
Brillante reine, épouse heureuse.
Quel pompeux cortège vous suit!
Sgo ' ODES
Contemplez la suite nombreuse Qui vers votre époux vous conduit.
Que de princesses étrangères Vont, pour vous, oublier leurs mères!
Quel essaim de jeunes beautés !
Dans cette cour qui vous adore. Pourrez -vous regretter encore Les lieux que vous avez quittés !
Votre famille florissante Effacera ce souvenir :
Une postérité puissante Ne cessera de vous bénir.
Par elle je vois la victoire Affermir partout votre gloire Et vos triomphes éclatans.
Ce cantique qui les révèle, Sur la terre à vos lois fidèle Sera chanté dans tous les temps.
SACHE lis. 3()i